Malgré l'abondance de cavistes aventureux dans ma région, cette appellation est quasiment absente par chez nous. Et pour cause, bien qu'ancienne, elle est minuscule. Une dizaine de domaines se partagent environ 70 hectares de vignes plantées entre 200 et 300 mètres d'altitude autour de la ville de Nice. On y produit les trois couleurs presqu'à parts égales, avec pour les rouges des cépages locaux tels que le braquet ou la folle noire, et pour les blancs dont celui que je partage avec vous ici, c'est essentiellement du rolle (ou du vermentino si vous préférez). La famille Dalmasso travaille 5 hectares au domaine de la Source créé au début des années 90.
J'ai pas mal attendu avant d'ouvrir cette bouteille... un peu trop, peut-être, puisqu'il s'agit d'un 2010. Résultat, le nez est assez évolué, quasi uniquement minéral mais malgré tout très expressif. Ca sent bon les cailloux, ce n'est jamais simple à décrire, et même si le bouquet global en est loin (ça ne pétrole pas) je ne peux m'empêcher de penser à un riesling sec alsacien d'un certain âge. Ce serait peut-être plus juste de comparer ce type de nez à un blanc languedocien de dix ans. A l'agitation, un peu de pamplemousse surnage. C'est sympa, mais j'ai l'impression d'être passé à côté de quelque chose. Par contre, en bouche, c'est assez phénoménal. C'est gourmand, il y a beaucoup de gras, c'est presque huileux par instant, mais c'est bien évidemment soutenu par une belle acidité qui équilibre magistralement le tout. Beaucoup de puissance donc, voire d'intensité, et petit à petit des notes gourmandes, florales et de miel tapissent le fond du palais, et ce sont elles qui rythment une finale de longueur très correcte. Une impression de grand blanc du sud donc, très digeste qui plus est, que j'aurai beaucoup de mal à noter parce qu'avec une telle matière j'aurais cru qu'il pouvait conserver davantage d'arômes de jeunesse. Loin d'être mort, il me semble toutefois judicieux d'en profiter maintenant parce que le plaisir est toujours bien au rendez-vous, j'ai passé un chouette moment.
Pour trouver plus d'infos sur ce domaine, c'est par ici.
Et pour vous en procurer, je vous suggère le site de vente en ligne français Cavagogo, le 2010 semble toujours être à la vente (un peu plus cher qu'il y a deux ans) à côté d'autres belles références et les frais de ports sont tout doux via Mondial Relay.
Ma note globale: Je vais me décider pour un bon 87/100
Le tire-bouchon est prêt, je peux d'ores et déjà vous annoncer que nous parlerons de Séguret dans le prochain article.
Présentation de bouteilles en provenance du monde entier par un simple amateur passionné, sans langue de bois ni parti pris.
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jeudi 23 mars 2017
mercredi 12 août 2015
Trévallon 2004, rouge, Eloi Dürrbach, VDP des Bouches-du-Rhône
(Dégustation entamée aux alentours du 2 juillet)
Quel amateur de vin un tant soit peu curieux n'a pas, sinon goûté, au moins entendu parler de Trévallon? Des vins qui ont forcé le respect et l'admiration de tous sans succomber aux sirènes d'une appellation d'origine contrôlée. Je n'ai pas besoin de présenter ce temple du cabernet sauvignon en Provence, surtout que le site officiel en est un merveilleux porte-parole. J'y ai enfin goûté, et c'est le millésime 2004 que je me suis offert. A l'ouverture, le vin est d'une extrême jeunesse encore, épatant. L'élevage a eu le temps de se fondre sans doute, mais il est très peu perceptible. Au nez, on a cette complexité qui s'offre sans se cacher que j'aime tant dans les vins des Baux de Provence. Beaucoup d'épices, un peu de végétal, de mine de crayon, une pointe de fruits sauvages également, encore fort discrète à ce stade. Les notes florales sont par contre très évidentes, à dominante suave mais je ne peux pas placer un mot dessus. C'est sophistiqué, sans être exubérant, j'aime beaucoup. En bouche, la première chose qui m'interpelle c'est cette acidité vive et soutenue, que j'ai rarement rencontré dans ces contrées. Elle soutient le vin de manière dynamique mais sans agressivité. Ensuite arrivent des tanins qui sont plutôt fins, mais encore assez serrés à ce stade, ce qui rend le jus un poil astringeant lorsqu'il est bu seul. Et cela après une dizaine d'années, rendez-vous compte. Ce n'est pas une légende, ce rouge est un chef de file en terme de vin de garde. L'alcool est quant à lui merveilleusement intégré, je n'y ai quasi jamais pensé tout au long de la dégustation.
Le lendemain, non seulement le nectar n'a rien perdu, mais il est bien meilleur! Les fruits noirs sauvages sont maintenant plus dominants ce qui renforce le cocktail olfactif, les épices dévoilent davantage de muscade ce qui n'est pas courant, et les tanins se sont déliés, pour donner une bouche fluide et veloutée. La finale est d'une beauté renversante, très persistante au cours de laquelle les différents arômes se croisent. Même si c'est 50% syrah, 50% Cabernet Sauvignon, j'ai plutôt l'impression que le second prend les commandes, la Syrah jouant le rôle d'accompagnateur en retrait. C'est un très beau vin, travaillé de main de maître, qui vaut son pesant de cacahuètes. Et il faudra en aligner quelques-unes tout de même, ces flacons pouvant atteindre 40, 45 euros, ils ont tendance à prendre de la valeur avec l'âge, donc si vous avez une très bonne cave et que vous vous sentez l'âme d'un investisseur, ne négligez pas cette merveille, en sachant que vous en tirerez bien plus de plaisir en le sirotant. Ce 2004 devrait se livrer totalement d'ici 5 à 6 ans probablement. En tout cas, la flamme n'est pas prête de s'éteindre. J'ai passé un très bon moment, et je pense que mon bonheur aurait été complet si j'avais ressenti un peu plus de tonus, d'énergie en bouche. Cette bouteille, en tout cas sur ce millésime, joue davantage la carte de la finesse, et il en faut!
Ma note globale: 93/100
Quel amateur de vin un tant soit peu curieux n'a pas, sinon goûté, au moins entendu parler de Trévallon? Des vins qui ont forcé le respect et l'admiration de tous sans succomber aux sirènes d'une appellation d'origine contrôlée. Je n'ai pas besoin de présenter ce temple du cabernet sauvignon en Provence, surtout que le site officiel en est un merveilleux porte-parole. J'y ai enfin goûté, et c'est le millésime 2004 que je me suis offert. A l'ouverture, le vin est d'une extrême jeunesse encore, épatant. L'élevage a eu le temps de se fondre sans doute, mais il est très peu perceptible. Au nez, on a cette complexité qui s'offre sans se cacher que j'aime tant dans les vins des Baux de Provence. Beaucoup d'épices, un peu de végétal, de mine de crayon, une pointe de fruits sauvages également, encore fort discrète à ce stade. Les notes florales sont par contre très évidentes, à dominante suave mais je ne peux pas placer un mot dessus. C'est sophistiqué, sans être exubérant, j'aime beaucoup. En bouche, la première chose qui m'interpelle c'est cette acidité vive et soutenue, que j'ai rarement rencontré dans ces contrées. Elle soutient le vin de manière dynamique mais sans agressivité. Ensuite arrivent des tanins qui sont plutôt fins, mais encore assez serrés à ce stade, ce qui rend le jus un poil astringeant lorsqu'il est bu seul. Et cela après une dizaine d'années, rendez-vous compte. Ce n'est pas une légende, ce rouge est un chef de file en terme de vin de garde. L'alcool est quant à lui merveilleusement intégré, je n'y ai quasi jamais pensé tout au long de la dégustation.
Le lendemain, non seulement le nectar n'a rien perdu, mais il est bien meilleur! Les fruits noirs sauvages sont maintenant plus dominants ce qui renforce le cocktail olfactif, les épices dévoilent davantage de muscade ce qui n'est pas courant, et les tanins se sont déliés, pour donner une bouche fluide et veloutée. La finale est d'une beauté renversante, très persistante au cours de laquelle les différents arômes se croisent. Même si c'est 50% syrah, 50% Cabernet Sauvignon, j'ai plutôt l'impression que le second prend les commandes, la Syrah jouant le rôle d'accompagnateur en retrait. C'est un très beau vin, travaillé de main de maître, qui vaut son pesant de cacahuètes. Et il faudra en aligner quelques-unes tout de même, ces flacons pouvant atteindre 40, 45 euros, ils ont tendance à prendre de la valeur avec l'âge, donc si vous avez une très bonne cave et que vous vous sentez l'âme d'un investisseur, ne négligez pas cette merveille, en sachant que vous en tirerez bien plus de plaisir en le sirotant. Ce 2004 devrait se livrer totalement d'ici 5 à 6 ans probablement. En tout cas, la flamme n'est pas prête de s'éteindre. J'ai passé un très bon moment, et je pense que mon bonheur aurait été complet si j'avais ressenti un peu plus de tonus, d'énergie en bouche. Cette bouteille, en tout cas sur ce millésime, joue davantage la carte de la finesse, et il en faut!
Ma note globale: 93/100
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