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vendredi 2 mai 2014

Vernaccia di San Gimignano 2012, Teruzzi & Puthod, Toscane, Italie

Je pense que ce n'est que le deuxième vin en provenance d'Italie que je vous présente sur ce blog. Et pourtant, les vins de ce pays, qu'ils viennent du nord ou du sud, me plaisent énormément. Je vais donc me rattraper en vous présentant quelques pépites italiennes dans les articles à venir.

On démarre par une incursion en Toscane, dans la province de Sienne, plus précisément à San Gimignano (à lire à voix haute, avec l'accent, per favore). La spécialité locale, c'est le blanc sec, à base du cépage Vernaccia. C'est ma première rencontre avec cette variété, et j'en suis assez satisfait! Teruzzi & Puthod, c'est un domaine imposant, le plus gros producteur du coin, d'ailleurs. Plus de 500.000 bouteilles pour ce Vernaccia di San Gimignano par exemple, plus d'un million de bouteilles au total. Mais cette maison fait partie de celles où quantité rime avec qualité.

Une mention toute spéciale pour le nez, un parfum vraiment très agréable et qui annonce une complexité intéressante. Une pointe d'agrumes pour ouvrir le bal, puis la pêche et les fleurs blanches s'invitent au fur et à mesure. Ça me fait un peu penser à du chardonnay qu'on aurait "sauvignonisé". ;-)

En bouche, l'attaque est un peu molle, un poil lourde avec un petit manque de profondeur. C'est le seul reproche que je puisse faire à ce vin, peut-être est-ce dû au millésime, c'est une hypothèse, l'an 2012 était assez chaud en Italie d'après ce que j'ai pu lire à gauche et à droite. Mais cette impression s'estompe progressivement parce qu'on a un regain d'énergie en milieu de bouche, les arômes en rétro-olfaction sont fidèles au nez. Une acidité relativement en retrait et une douce onctuosité la domine. La finale est d'une longueur plus que correcte, et distille de petites notes d'amande. C'est vraiment fort bien fait.

A noter que ce vin n'a pas bougé sur un peu plus de 24 heures, rebouchée et au frigo. Un bon point.

On peut trouver ce vin chez Licata Vini mais je viens de constater qu'ils sont passés au millésime 2013, ça m'intéresse! Pour 10 euros, c'est une bien belle bouteille. Je vous laisse avec le site officiel du domaine, dispo en anglais, italien ou allemand. Ma qué, et le français, alors?!

Ma note globale: 85/100

mardi 18 février 2014

Barolo Bricco Riund 2005, Cascina del monastero, Piémont, Italie

Il y a des bouteilles qui vous font tout oublier, y compris le temps qui passe. Ce Barolo en fait partie. Il vous emprisonne entre ses bras puissants le temps d'un voyage au cœur de l'univers des saveurs. Ce fut un grand moment, j'en suis encore tout chamboulé rien que d'y penser. Je ne peux vous communiquer aucune information sur son prix, d'une part parce que c'est un cadeau qu'a reçu mon paternel, je l'ai dégusté là-bas le week-end dernier en fin de repas (même le dessert n'a pu m'en détourner), d'autre part parce qu'il est très difficile à trouver. En fouillant sur la toile, je n'ai pu dénicher qu'un millésime 2003 de ce Bricco Riund vendu en Allemagne, pour 25 euros, ce qui me laisse penser que le 2005 est un Barolo abordable quand on sait que la plupart naviguent entre 30 et 50 euros, certains renommés flirtent avec la barre des 100 euros, ce qui en fait donc un rapport qualité/prix phénoménal, à condition évidemment de pouvoir mettre la main dessus!



Qui dit Barolo dit cépage Nebbiolo. Ca vieilli extrêmement bien. Et ça doit vieillir d'ailleurs, 10, 15, 20 ans si on en a le courage. Il faut laisser le temps aux tanins surpuissants de fondre un peu et aux arômes de se développer. Parlons-en de ces arômes, ce breuvage piémontais est très complexe, vous pourrez y retrouver plein de parfums: du fruit, des fleurs, du boisé. Au nez, c'est superbe. L'élevage en fût de chêne, qui est étalé sur plus de trois ans, est très réussi, et très présent, il m'a fait un peu penser aux odeurs qu'on retrouve dans certains cognacs. Sinon, le nez est également terreux, un petit côté "plasticine" (la classique, pas celles de chez Play-Doh!)

Après avoir longuement reniflé l'animal, le moment est venu d'y planter les lèvres, c'est à cet instant qu'on décolle vraiment. Presque au sens littéral tellement les tanins sont soutenus, tout en restant totalement digestes. Épatant. Au fur et à mesure des gorgées je décèle pêle-mêle des arômes de fraise, de melon, des notes mentholées (chlorophylle). Certains convives ont repéré la rose, je suis passé à côté. J'ai encore du mal à identifier les arômes floraux malheureusement. Mais la rose est une caractéristique assez courante dans les Barolos. En ce qui concerne la texture, rien à redire sur un équilibre remarquable, l'acidité est bonne, et on a encore à faire à un volume de 14,5%. La finale est donc harmonieuse, d'une longueur satisfaisante. De toute façon, à quoi bon reposer son verre tant que ce nectar précieux s'y trouve?

Le site de la Cascina Del Monastero (en anglais)

Ma note globale: 92/100