Affichage des articles dont le libellé est blancs. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est blancs. Afficher tous les articles

jeudi 30 juin 2016

Savennières "La Croix Picot" 2012, blanc, Domaine de la Bergerie, Loire

Si vous aimez les vins blancs, vous connaissez forcément cette appellation de la Loire qui fait la part belle au Chenin. Si il y en a des plus réussis que d'autres, celui-ci fait partie assurément des bons élèves et je ne me fais jamais longtemps prier pour déguster la gamme étendue de ce domaine de 36 hectares qui propose des prix plus que compétitifs. J'ai bien aimé, je lui ai trouvé un côté automnal alors que je profitais de bien trop rares rayons de soleil sur ma terrasse ce 28 juin... Il y a biensûr pas mal de fruits, on navigue entre la pêche et la mangue, c'est un peu compoté, il y a également un peu de miel et de brioche en arrière-plan. Un nez relativement complexe donc, expressif et très agréable. La rétro-olfaction en bouche m'apporte une dimension florale supplémentaire. Pas vraiment de la violette, mais quelque chose d'approchant. En terme de structure, par contre, si l'acidité est belle et perceptible juste comme il faut, la matière est un peu légère en milieu de bouche. Il y a du gras mais ça manque un peu de volupté, de profondeur. Cela étant, la finale offre beaucoup de plaisir, elle est de longueur très correcte et toujours sur le fruit, avec une amertume soyeuse du plus bel effet. Je devine la pointe d'accent de sous-bois qui va probablement s'affirmer d'ici deux ou trois ans, cette bouteille aurait pu évoluer favorablement sans problème jusque là. D'ailleurs, le vin s'est montré très causant dès l'ouverture et n'a quasi pas bougé sur la journée. Dernier point remarquable, c'est ce taux d'alcool à 14,5%, j'ai peine à y croire tant c'est peu perceptible et digeste. En conclusion, un Savennières plus fin que puissant qui fait honneur à son rang et qui ravira ceux qui ont horreur des vins élevés sous bois!
Ma note globale: 83/100

mercredi 12 août 2015

Charles Cicéron Sauvignon Blanc 2009, domaines Auriol, IGP Pays d'Oc

(Dégustation aux environs du premier juillet)

Un petit blanc pas compliqué pour se raffraîchir en cette période ultra-ensoleillée que nous connaissons en ce début d'été? Cette bouteille a rempli le contrat, mais pas que, parce qu'elle va s'avérer plus complète. Les blancs secs de Gascogne me plaisent mieux en général dans ces circonstances, mais puisqu'il faut sans cesse élargir ses horizons...

Il s'agit d'une cuvée "plaisir" proposée par les domaines Auriol, une sorte de regroupement de domaines familiaux basés dans le Languedoc et le Rhône Méridional. Production, négoce, c'est un ensemble dynamique qui pèse aisément pour 10 millions de cols par an, avec une forte tendance à l'export, ce qui devrait vous faciliter la vie pour trouver cette référence contrairement à certaines micro-cuvées que je vous ai présenté ici. La propriété qui nous occupe plus particulièrement aujourd'hui, c'est le château Cicéron.

Ce qui m'a plu au-delà du vin en lui-même, c'est la relative transparence sur l'élaboration de ce mono-cépage en Pays d'Oc. Site web clair et précis, qui indique notamment que les rendements sont de l'ordre de 70 hl/ha tout de même ou qu'un ajout de levures peut avoir lieu pour faciliter l'extraction des composants aromatiques lors de la vinification. Pas d'élevage sous bois non plus pour cette gamme de vins "plaisir". Les propriétaires conseillent également de boire ce vin dans l'année qui suit la mise en bouteille. Ce serait trop simple, cependant... Voyons plutôt si cette quille en a encore dans le ventre après six ans!

La réponse est un franc oui, merci probablement à la capsule à vis. On a toujours une pointe d'agrumes au premier nez, mais à l'agitation je retrouve surtout des fruits plus exotiques et tropicaux, la mangue notamment, ainsi que de fugaces notes minérales type pierre chauffée au soleil. Pas spécialement de bourgeon de cassis ou de notes végétales comme on pourrait s'attendre à en trouver dans les sauvignons de Loire, par exemple. La bouche offre un très léger perlant, ce qui compense une acidité un poil faible, un joli gras en milieu de bouche et la finale est de longueur correcte, avec toutefois quelque chose qui me perturbe autour de l'alcool, non que ce soit un vin costaud, que du contraire, mais l'impression qu'il a tout de même un peu de mal à se fondre dans le décor, ce qui, si on est un brin maniaque, gâche quelque peu l'harmonie finale. C'est toutefois loin d'être un vin dilué, et sa tenue en bouteille dans le temps m'a agréablement surpris, c'est ce qui m'a amené à vous en parler. Sans en faire des tonnes, ce jus se laisse boire tranquillement pour lui-même en terrasse, sans pousser à la grimace, ne boudons pas ces petits plaisirs de la vie! Aux alentours de 5 euros, c'est raisonnable, et un millésime plus récent devrait proposer une pointe de fraîcheur supplémentaire.

Pour terminer, quelques mots sur le fond de la bouteille deux jours plus tard après avoir été revissée et mise au fridge: Le perlant est affaire du passé, le nez est plus timide mais sans trace d'oxydation, une bonne part du fruit s'en est allé, seul le citron fait de la résistance, laissant plus de place aux accents minéraux, la finale est plus saline. Peut-être moins de plaisir immédiat, mais je le trouve plus épuré, je me sens plus en phase avec le cépage, il a toujours une tenue qui me surprend, il accompagnerait mieux les crustacés en l'état que sous sa forme initiale. La capsule à vis marque encore des points en ce qui me concerne.

Ma note globale: 83/100

vendredi 20 février 2015

Ode au Narince (1/3): Kayra Terra Narince 2012, blanc, Turquie

Avec cet article, nous entamons une série qui nous entraînera dans un périple au coeur des vins turcs. Nous allons tout d'abord comparer trois vins blancs basés sur le cépage Narince.

Pour avoir passé quelques séjours en vacances dans ce pays, j'ai pu me rendre compte sur place que la qualité était au rendez-vous, propulsée à l'aide de cépages autochtones dignes d'intérêt, mais qu'il est encore assez compliqué de se procurer sur place des flacons fiables et à des prix corrects en tant que touriste mal informé. J'ai encore le souvenir de petites superettes non-climatisées où trainaient des bouteilles plus douteuses les unes que les autres, entre étiquettes rafistolées et muselets abîmés. Mais la chance m'a parfois souri, et cela a suffit pour aiguiser ma curiosité. Si des maisons telles que Kavaklidere ou Doluca sont installées depuis de nombreuses années et fournissent assez bien à l'export, de jeunes établissements audacieux tentent de se faire une place au soleil. Et c'est grâce à cette providentielle boutique allemande, Gourient, que j'ai pu me procurer une série de flacons afin de continuer l'exploration des trésors liquides turcs confortablement installé à la maison.

Entrons sans plus attendre dans le vif du sujet avec le premier blanc en provenance de la maison Kayra dont les installations se trouvent dans la province d'Elazig en Anatolie, sous la supervision de l'oenologue américain Daniel O'Donnell qui avoue qu'il y a encore tout à découvrir parmi la foultitude de cépages locaux. Le cépage Narince est mon petit chouchou en ce qui concerne les blancs. Il se plait bien au contact des barriques, mais les trois quilles que je vais vous décrire n'ont connu que les cuves, afin de permettre une expression pure de ce cépage qui le mérite bien.

Le nez est très séducteur d'emblée, vraiment plaisant. La pomme verte prend les commandes, suivie de prêt par d'autres fruits blancs, des fleurs et une légère dimension minérale. Je n'y trouve pas d'arôme rare, mais l'ensemble est très cohérent. On pourrait bien sûr penser à du Chardonnay de climat chaud avec une telle aromatique, mais la bouche me fait davantage penser à du Verdicchio, cépage ayant la cote en Italie, dans les Marches. Il y a un perlant presqu'imperceptible qui amène sa part de fraîcheur, mais c'est plutôt l'onctuosité qui prévaut. L'acidité est là, mais en retrait. Si il y en avait davantage, je pense que ce vin serait une véritable bombe, parce que la bouche est opulente, une belle concentration des arômes perçus à l'olfaction donne lieu à un vin qui prend de la place autour du palais, mais sans aucune vulgarité. La finale me réchauffe juste ce qu'il faut, et elle est d'une longueur épatante. 12,8% d'alcool, et ça lui va parfaitement bien. Longue finale donc, aux accents fruités, avec une amertume toute légère qui ajoute du sérieux à l'édifice. C'est propre, belle bouteille, et pour 8,90 EUR, voire même 7,50 EUR en promo chez GOurient en ce moment, je vous assure qu'il y a de la matière!

Ce n'est pas complexe, mais ce n'est pas simpliste non plus, on est vraiment entre les deux ce qui fait qu'il sera un partenaire généreux pour l'apéro, et même si c'est un accord classique de chez classique, il embellira un beau poisson, juste grillé. Les deux Narince suivants apporteront-ils autant de satisfaction?

Ma note globale: 87/100

jeudi 5 février 2015

Quitou.com, pack 2: le blanc à l'honneur

Bienvenue pour ce compte-rendu de dégustation chardonnesque, deuxième face à face proposé par le site Quitou.com. Deux blancs français mais de coins différents vont tenter de nous livrer leurs secrets, cet épisode nous propose d'apprivoiser ce caméléon de cépage qu'est le Chardonnay.

A ma gauche, l'Artisan 2012, un Chardo languedocien. Sous la bannière de Laurent Miquel, on trouve deux vastes propriétés, Cazal Viel dans la zone d'appellation de Saint-Chinian, et Les Auzines, plus bas sur Corbières. Cela donne lieu à une kyrielle de vins différents de toutes les couleurs, classés en diverses gammes: les vins d'appellations, les mono-cépages, ... J'ai aperçu qu'on y produisait un Albarino en feuilletant le site web de la maison, voilà qui attise ma curiosité. Mais revenons plutôt à ce 100% Chardonnay, qui, toujours selon le site officiel, a été élevé pour moitié pendant 5 mois en barrique. La dégustation me fait penser à 18 mois plutôt qu'à 5, mais soit!

A ma droite, le Mâcon-Fuissé 2012 du Château Vitallis. L'appellation permet de situer aisément ce domaine au sud de la Bourgogne, sur les communes de Fuissé et Solutré. Denis Dutron n'y produit à priori que du blanc, deux Pouilly-fuissés, un Saint-Véran, et du Crémant. Mais c'est en l'occurence le Mâcon-Fuissé qui nous intéresse ici, c'est d'ailleurs le premier que j'ai la chance de déguster, je manque donc de références. Ce vin est produit à partir de vignes trentenaires et est élevé en cuve.

Je ne vous fait plus languir, voici ce que j'ai pensé de la cuvée "L'Artisan": élevage très intrusif au départ, on ne sent quasi que du bois au nez, j'ai l'impression que je vais croquer la barrique qui a couvé ce vin. En bouche, un peu de banane, de poire et de fleurs sucrées parviennent à surnager à travers les planches. Ce qui est un peu plus intéressant, c'est que l'attaque se fait très moelleuse, beaucoup de gras pour commencer, avec pourtant une pointe inattendue de fraicheur en finale. L'alcool est bien intégré donc on est loin d'être sur un vin pataud. La finale est de longueur moyenne, sur des notes de caramel et apporte une légère amertume bien agréable. Après quelques heures, en terme d'arômes je parviens enfin à mettre un nom qui se rapproche d'un parfum bien particulier, un peu chimique. Vous savez, ces petits bonbons à croquer en forme de pastilles... on en trouve certaines variantes sous la forme de colliers. C'est original.

Et du côté du Mâcon-Fuissé alors? Le nez du bourguignon est un peu moins exubérant mais plus racé, sur des notes d'agrumes (pamplemousse) et de beurre-citron, il annonce beaucoup de fraicheur et j'ai l'impression que ce vin peut permettre de bien jolis accords à table. Derrière ces agrumes se faufilent une ou deux pommes vertes. En bouche ça se confirme, belle acidité même si on est loin de Chardonnays tranchants comme on en trouve davantage au nord de la Bourgogne. Un petit peu de gras s'installe en milieu de bouche avec sa couronne de fleurs parfumées. L'alcool est un peu plus ressenti en finale mais rien de dramatique. C'est juste un peu surprenant, étant donné les climats différents et l'origine de ces deux vins, on aurait pu s'attendre au contraire à ressentir davantage l'alcool sur le Languedocien. La finale est de longueur assez moyenne, sur des notes vaguement miellées.

Je constate avec joie que les deux vins n'ont quasi pas bougé sur deux jours. Le sudiste s'est même amélioré, il a gagné en longueur finale, le nez s'est orienté vers des arômes un peu plus sucrés type grenadine. Si le vin du Languedoc est probablement à boire pour ce qu'il est maintenant ou dans les deux-trois prochaines années, le Mâcon-Fuissé pourra supporter voire bénéficier de quelques années de plus en cave si on le souhaite. Ce qui est important à retenir avec cet exercice, c'est la différence entre élevage en cuve et élevage en barriques. Lorsque ce dernier est bien réalisé et à petite dose, cela peut vraiment apporter un plus en terme de structure au vin, donc je ne suis pas aussi catégorique comme peuvent l'être certains contre le bois, il faut simplement éviter que celui-ci domine et étouffe la matière, ce qui rend généralement le breuvage ennuyeux. J'ai néanmoins aimé l'originalité de "l'Artisan", et je remonte légèrement ma note suite à ces améliorations relativement inattendues. mais j'ai davantage vibré avec le Mâcon-Fuissé. Son prix de 10,90 EUR en fait une affaire plutôt intéressante.

A défaut de coup de coeur ultime jusqu'à présent, ces dégustations comparatives sont décidément fort enrichissantes! Stimuler les nasaux sur deux verres côte à côte, ça aiguise les sens. A quand un comparatif entre Puligny et Chassagne? Bon d'accord, je me tais... ;-)

Ma note globale: Artisan 2012: 77/100, Mâcon-Fuissé 2012: 84/100

Le troisième pack concerne les bulles, miam, avis aux amateurs!

mercredi 31 décembre 2014

Viognier 2012, domaine La Croix Sainte Eulalie, IGP Pays d'Oc blanc

Je vous avais déjà détaillé il y a bien longtemps un des rouges de ce domaine, la cuvée Baptiste, il est temps maintenant de vous parler d'un des blancs, mon chouchou de la gamme sur 2012, le Viognier. C'est un vin que j'ai pu déguster à plusieurs reprises dans des contextes très variés: seul, en famille, sur un marché de noël... donc en été ou en hiver, à différentes températures et dans divers contenants. Aucune bouteille ne m'a déçu. Mieux, ce vin m'a toujours fait ressentir quelque chose. Sa bouche expressive et sa finale persistante me donnent l'image d'une compagnie rassurante, solide. A dix euros, comme dirait feu Patrick Roy, c'est le juste prix!

Le vin se présente en pleine forme à l'ouverture de la bouteille, le nez agréable exprime d'emblée des arômes floraux (lilas) et des notes fruitées rappelant la pêche, assez typique du cépage. En bouche, je constate une onctuosité conséquente, mais qui est aussitôt contrebalancée par une acidité vive, presque tranchante. La rétro-olfaction délivre des parfums similaires à ceux du nez, de manière assez extravertie aussi. La finale est aguicheuse, d'une belle longueur, l'alcool réchauffe légèrement le gosier et aucune amertume à signaler. Lors de ce finish on sent l'acidité s'atténuer au profit de la gourmandise. Voici donc un vin très équilibré, facile à comprendre. J'aime le boire pour lui-même ou en guise d'apéro. Mais nul doute qu'un rouget ou une sole pourrait s'entendre avec lui.

Si la bouche a peu bougé sur 24 heures, hormis pour proposer une finale un peu plus complexe et vaguement briochée, le nez a davantage basculé vers le côté floral, voire sur des notes de cire avec une touche sanguine. Ceci laisse présager d'un potentiel de garde de quelques années, bien qu'il est plus qu'intéressant d'en profiter dès maintenant pour son fruit.

Ma note globale: 87/100

jeudi 20 novembre 2014

Baron de L 2000, blanc, Château du Nozet, Ladoucette, Pouilly-Fumé

Bien que ce ne soit pas mon appellation favorite en Loire, il me tardait de rencontrer ce mythe de Pouilly-Fumé, à défaut de pouvoir m'offrir ceux de Didier Daguenau. En effet, bien que j'ai eu la grande chance de me procurer ce Ladoucette à bon prix chez un particulier que je ne remercierai jamais assez, il faut compter 50 à 60 euros pour cette cuvée prestige du Château du Nozet, contre 90euros pour du Daguenau. Est-ce justifié? En me basant sur la dégustation qui suit, non.

A l'ouverture, un nez en mode massepain, sur l'amande. C'est magnifique, j'ai l'impression de humer les pâtisseries que nous avons préparé le week-end dernier. Malheureusement, ce parfum disparaîtra très rapidement, je ne sais pas pourquoi. Le nez se révélera malgré tout d'une belle complexité, pointe d'agrumes (pamplemousse), une dimension florale, pas de cassis ou de pipi de chat à l'horizon. En bouche, toujours lors des premiers verres, une jolie trame acide mène le bal tout du long, je retrouve de légères notes herbacées mais raffinées du sauvignon en rétro-olfaction, c'est donc encore très vif après 14 ans de bouteille. La finale est d'une très bonne longueur et rappelle les champignons des bois. La minéralité? La pierre à fusil? Si il y en avait, je suis passé à côté. C'est bon et bien fait, mais ça ne me transcende pas outre mesure et ne me fait pas voyager en esprit jusqu'à Pouilly-sur-Loire. Ça me rappelle par certains côtés un excellent Quincy (12-13 euros) que j'ai dégusté il y a quelques mois que je n'ai pas pu vous présenter parce que je n'en ai pas pris de notes, j'irai en rechercher. ;-)

Une bonne surprise m'attendra le lendemain, toutefois. Si le nez a peu bougé, la bouche s'est transformée. L'acidité est moins dominante, je constate davantage d'onctuosité et de gourmandise, même la finale est plus douce. En fait, je retrouve davantage ce que j'attends d'un Pouilly-Fumé après cette journée d'ouverture. J'aime les deux versions, la vive et la gourmande. J'ai donc presque l'impression d'avoir eu deux vins en une bouteille. Mais le tout vaut 20 euros, pas 50, ceci n'engageant que moi. Le millésime 2000 en Loire fut assez qualitatif, c'est donc une bouteille de très longue garde. Mais j'aimerais toutefois retenter l'expérience sur un millésime plus jeune pour me faire un avis plus tranché sur ce Baron de L.

Je n'ai pas de boutique testée et approuvée à vous suggérer mais ce vin n'est pas introuvable en Belgique. En attendant, je vous propose une visite du site officiel de Ladoucette.

Ma note globale: 83/100

vendredi 2 mai 2014

Vernaccia di San Gimignano 2012, Teruzzi & Puthod, Toscane, Italie

Je pense que ce n'est que le deuxième vin en provenance d'Italie que je vous présente sur ce blog. Et pourtant, les vins de ce pays, qu'ils viennent du nord ou du sud, me plaisent énormément. Je vais donc me rattraper en vous présentant quelques pépites italiennes dans les articles à venir.

On démarre par une incursion en Toscane, dans la province de Sienne, plus précisément à San Gimignano (à lire à voix haute, avec l'accent, per favore). La spécialité locale, c'est le blanc sec, à base du cépage Vernaccia. C'est ma première rencontre avec cette variété, et j'en suis assez satisfait! Teruzzi & Puthod, c'est un domaine imposant, le plus gros producteur du coin, d'ailleurs. Plus de 500.000 bouteilles pour ce Vernaccia di San Gimignano par exemple, plus d'un million de bouteilles au total. Mais cette maison fait partie de celles où quantité rime avec qualité.

Une mention toute spéciale pour le nez, un parfum vraiment très agréable et qui annonce une complexité intéressante. Une pointe d'agrumes pour ouvrir le bal, puis la pêche et les fleurs blanches s'invitent au fur et à mesure. Ça me fait un peu penser à du chardonnay qu'on aurait "sauvignonisé". ;-)

En bouche, l'attaque est un peu molle, un poil lourde avec un petit manque de profondeur. C'est le seul reproche que je puisse faire à ce vin, peut-être est-ce dû au millésime, c'est une hypothèse, l'an 2012 était assez chaud en Italie d'après ce que j'ai pu lire à gauche et à droite. Mais cette impression s'estompe progressivement parce qu'on a un regain d'énergie en milieu de bouche, les arômes en rétro-olfaction sont fidèles au nez. Une acidité relativement en retrait et une douce onctuosité la domine. La finale est d'une longueur plus que correcte, et distille de petites notes d'amande. C'est vraiment fort bien fait.

A noter que ce vin n'a pas bougé sur un peu plus de 24 heures, rebouchée et au frigo. Un bon point.

On peut trouver ce vin chez Licata Vini mais je viens de constater qu'ils sont passés au millésime 2013, ça m'intéresse! Pour 10 euros, c'est une bien belle bouteille. Je vous laisse avec le site officiel du domaine, dispo en anglais, italien ou allemand. Ma qué, et le français, alors?!

Ma note globale: 85/100

Flash mémoire: French Kiss 2013, blanc, Chateau La Mothe du Barry, Joël Duffau, Entre-Deux-Mers

J'ai plusieurs bonnes raisons de vous parler de cette chouette bouteille pour laquelle j'ai craqué lors d'une après-midi de dégustation fin 2013 et que j'ai débouché début avril.

La première concerne forcément son contenu. Il s'agit d'un assemblage "traditionnel" de l'Entre-Deux-Mers, le Sauvignon se taille une large part du gâteau, le sémillon et la muscadelle viennent arrondir et compléter cette pièce gourmande. Au niveau aromatique, c'est assez classique sur les agrumes (pamplemousse) et le buis, un nez ouvert mais qui n'en fait pas des tonnes. Par contre, la structure est remarquable. En bouche c'est tranchant, une belle acidité se laisse progressivement entourer par un soupçon d'onctuosité, le tout est extrêmement léger et la finale, véritable point fort de ce blanc, désaltère autant qu'elle donne soif d'une gorgée supplémentaire. Un vin d'une lecture facile qui se boit goulument en toute confiance, et bien frais!



La seconde concerne sa capacité toute désignée à accompagner des fruits de mer, le mariage met/vin coule de source pour une fois chez moi. Il glisse également tout seul pour l'apéro mais pas besoin de vous ruiner avec un grand Chablis pour accompagner des huîtres, ce French Kiss se débrouillera parfaitement, et vous sortirez un peu des sentiers battus pour surprendre vos invités par la même occasion. Son prix: 6,70 EUR. Où ça? A la vinapothèque du Millésime à Sourbrodt, pour changer! ;-)

Enfin, la dernière raison concerne les propriétaires du château La Mothe du Barry. Joël et Sandrine Duffau sont installés à Moulon depuis 1985. Je ne les connais pas personnellement, mais qui sait, au détour d'un salon... Par contre, Sandrine et Joël Duffau tiennent un blog dans lequel ils nous présentent la vie du domaine au quotidien, et c'est très enrichissant. On se rend compte par exemple que ce n'est pas rose tous les jours, que la météo et la nature sont bien plus puissants que nous et qu'il faut sans cesse s'adapter et réagir rapidement pour les vignerons. L'Entre-Deux-Mers a été sévèrement touché par la grêle cet été, certains ont perdu la totalité de leur récolte, vous imaginez donc le manque à gagné et le travail de toute une saison viticole anéanti en quelques heures... Il y a bien plus que du jus de raisin dans nos bouteilles.
Apprécier un vin et le lui dire va vraiment droit au cœur du vigneron qui l'a produit, ces sympathiques personnes adorent le contact avec les gens, on peut s'en rendre compte car ils présentent eux-mêmes leurs flacons dans plusieurs coins du monde. Un blog vigneron plein d'émotions et de positivisme, que je vous invite vraiment à consulter si vous désirez en apprendre davantage sur la vie mouvementée de la vigne et si vous aimez comme moi apprendre à connaître "ceux" que vous buvez...



Viendez, c'est par ici

Ma note globale: 84/100

mercredi 23 avril 2014

Clos de la Coulée de Serrant 2009, Nicolas Joly, Savennières, Loire

Trois jours sur le Chenin du paradis...

Au fil de cet article, je vais tenter de vous faire participer à ce pèlerinage vers la perfection auquel j'ai pris part en dégustant cette bouteille tout simplement inoubliable. J'éprouve un brin de nostalgie rien que d'en parler parce que je sais que je n'en reboirai pas de si tôt, c'est le genre de grand vin que je ne peut pas m'offrir au quotidien, et même si je pouvais je ne le ferais pas, ce qui de toute façon permet de conserver d'autant mieux les instants magiques qu'il m'a procuré. J'éprouve également de la gratitude envers ma compagne qui m'a permis d'y goûter, de la gratitude envers le terroir et la conviction dans le travail effectué par le digne représentant de la biodynamie qu'est Nicolas Joly, et de la gratitude envers le vin en général, parce que cette passion qui me tient tant à cœur diffuse tant d'émotions lorsqu'on se retrouve en communion avec une telle qualité. J'éprouve enfin, je dois l'avouer, une certaine fierté, parce que je pense avoir été à la hauteur de comprendre ce vin et de l'apprécier pleinement. En effet, c'est plus compliqué qu'il n'y parait, même si j'avais été averti. Ce vin a besoin de temps pour s'exprimer totalement, et vous devrez attendre deux à trois jours après l'ouverture de la bouteille pour en profiter.

Une brève mise en situation, avant d'entrer dans le vif du sujet. La Coulée de Serrant, c'est une AOC à elle toute seule, un monopole même. 7 hectares de chenin blanc appartenant à la famille Joly sur des pentes assez abruptes donnant sur la Loire dans la zone de Savennières. L'élevage est réalisé en barriques durant quelques mois, mais quasi sans apport de bois nouveau pour accompagner sans altérer le produit.



Dès l'ouverture, j'ai droit à un premier nez sur la pomme, l'alcool de prune, genre slivovitch. En bouche, je constate un perlant assez marqué. Aussi bien au nez qu'en bouche je suis assez surpris par une telle concentration d'alcool. J'apprendrai plus tard que ce blanc en contient 15,5%! Sans être désagréable, il y a très peu de plaisir à en tirer en l'état, la finale se recroqueville sur elle-même et est assez courte. Deux bonnes heures plus tard dans le fond de mon verre, je découvre des arômes d'abricot, j'ai l'impression de sentir davantage des cailloux gorgés de soleil. Un murmure, une promesse. En bouche, une acidité tranchante et plaisante, une impression de puissance. Le vin vit, travaille, se met en place comme une troupe répétant sa mise en scène avant le grand show.

J'ai conservé la bouteille debout et rebouchée à une température ambiante. Je l'ai également consommé à température ambiante. Ce n'est pas le genre de blanc qu'on place au frigo pour l'apéro. ;-)

Le deuxième jour, le nez a peu bougé. Par contre en bouche, c'est une autre histoire. Le frisant s'est dissipé. Ça s'harmonise, ça s'équilibre, ce qui pourrait se traduire par une impression plus gourmande, plus confiturée, l'impression d'un liquoreux mais sans sucre parce qu'une légère astringence titille les bajoues. On voyage entre le vin blanc et le vin rouge avec un soupçon de cerise qui complète le tableau aromatique. On gagne nettement en longueur, et j'ai maintenant vraiment envie d'en boire. Résistons cependant... y aura-t-il encore d'autres surprises? Parce que je suis encore sceptique quant au prix de ce flacon en l'état.



Bien sûr, il y en a eu. C'est finalement presque 72 heures après le premier débouchage que le vin fut prêt. Au nez, une gamme aromatique très vaste rassemblant les arômes évoqués précédemment dans un bouquet harmonieux, la prune bien mûre mène la danse mais une kyrielle de fruits l'entourent, ainsi que des notes minérales et pâtissières complètent le tableau. On hume beaucoup moins l'alcool, et aucune trace d'oxydation. En bouche, c'est le bonheur à l'état pur. Gourmand, vif, profond, maturité parfaite du fruit, chaque élément collabore pour sublimer l'ensemble. La finale est douce et onctueuse, très longue. Je plane haut, je ressens une émotion que je ne peux pas décrire en mots, je pense à pleins de belles choses et je ne peux rien faire d'autre que de déguster lentement, gorgée après gorgée, encore et encore. Je suis sur un nuage qui ne me libérera qu'une fois la bouteille achevée. Un rêve éveillé et ce qui se passe à l'extérieur ne compte pas. Vous avez dit vin de méditation?

J'ai lu beaucoup de choses concernant la Coulée de Serrant. Davantage d'avis négatifs et de déceptions que d'avis enthousiastes, bien que ceux ayant apprécié ne l'avaient pas fait à moitié. Bon nombre de bouteilles semblent défectueuses d'après les commentaires glanés ça et là sur les forums de passionnés. Ai-je eu de la chance? Je ne le crois pas. C'est un vin assez fragile, comme tout travail d'une grande précision. Il faut être très patient pour que tout se mette en place, il faut observer et le manipuler avec douceur, l'entreposer dans une cave appropriée si on tient à l'attendre. Il faut acheter ce genre de bouteille chez un caviste fiable et de confiance, si ce n'est à la propriété elle-même. On peut en dégoter moins cher sur le net, mais à ce moment-là les risques de déception grimpent dangereusement, ce qui donnera d'autant plus de convictions quant à critiquer la Coulée étant donné son prix effrayant, au-delà de 50 euros. Un vin peut-il valoir plus de 50 euros si on met de côté le paramètre "rareté"? De manière pragmatique, je pense que la réponse est non. Le plaisir ne se quantifie pas et la marge bénéficiaire est déjà plus que confortable pour le producteur alors pourquoi en rajouter? Mais dans les faits, la réponse est malheureusement oui, parce que nous n'avons pas le choix. Certains vont jusqu'à mettre une centaine d'euros sur un Bordeaux ou un Bourgogne Premier cru sans sourciller, pourquoi ne pourrait-on pas le faire sur un Savennières? J'ai dégusté récemment un Clos Vougeot lors d'un salon, certes un vin dix fois trop jeune et dans des conditions compliquées, vendu 64,50 EUR. Je n'ai quasi rien ressenti et j'ai acheté le Passe-Tout-Grains du même domaine à 7,50 EUR parce que lui au moins avait une bonne petite blague à raconter.
Ce qui compte, c'est que bien d'autres vins sont susceptibles de donner des émotions aussi fortes à des tarifs bien plus accessibles. Elles peuvent être aussi fortes, mais elles seront toujours différentes, chaque vin est unique. Nos sensibilités le sont également. Et un vrai passionné dégustera de toute façon l'une ou l'autre bouteille hors de prix au cours de sa vie. Ma dernière contribution concernant le débat sur l'intérêt ou non de la Coulée de Serrant: je pense qu'il est totalement indéniable, et que tant qu'il y aura des personnes pour la délaisser ou la trouver surfaite, il en restera pour les amateurs dont je suis heureux de faire partie!

Si le pèlerinage vous tente, je vous recommande une visite au magasin BioBelVin à Spa. Hormis la Coulée de Serrant, vous y découvrirez le second vin du domaine de Nicolas Joly "un peu" moins cher, mais aussi pleins d'autres pépites bio ou biodynamique à découvrir, essentiellement françaises, les propriétaires bienveillants et expérimentés se feront un plaisir de vous guider.

Et enfin, un petit reportage sur le vignoble aux temps des vendanges histoire de faire connaissance avec ce sacré Nicolas Joly.

Ma note globale: 99/100

lundi 17 mars 2014

Saint-Bris 2012, blanc, Domaine Les Temps Perdus, Clotilde Davenne, Bourgogne

Ah, si seulement je pouvais trouver un matou qui pisse un tel nectar!

Je souhaite attirer votre attention aujourd'hui sur une appellation qui est encore relativement confidentielle. L'AOC Saint-Bris est née en 2003, et elle s'étend sur une petite centaine d'hectares. Le domaine des Temps Perdus quant à lui se situe dans l'Yonne, en gros entre Auxerre et Chablis. La caractéristique notable de Saint-Bris, c'est du sauvignon, en Bourgogne. Tout arrive!

Disons le tout de suite, les arômes de ce 100% sauvignon sont bien trop élégants pour y retrouver le côté "pipi de chat" souvent associé à ce cépage. Précisons également que l'élevage s'effectue en cuve pour la totalité des vins blancs du domaine.



Au premier nez, c'est très frais, les agrumes sont au première ligne: citron, pamplemousse. Une pointe de cassis effectue de timides incursions. Un soupçon d'arômes minéraux m'apparait un peu plus tard après aération. L'alcool est très peu perceptible. C'est superbe et prometteur pour la suite.

En bouche, un infirme perlant m'accueille, en compagnie d'une acidité vive mais parfaitement dosée. Ce perlant s'évapore assez rapidement. Lorsque je fais voyager le vin autour de la langue, une onctuosité gourmande s'installe progressivement. Encore un modèle de vin très équilibré. Le milieu de bouche est dense, savoureux, c'est vraiment à ce stade que je me rend compte de la qualité de cette cuvée. La finale me laisse sur une impression de fraicheur et de douceur, et elle est furieusement longue, ce qui était à prévoir. Je ne sais pas comment décrire ça précisément en mots, mais le côté bourguignon se perçoit en fin de bouche. On démarre avec des agrumes, mais on termine par ce qui ressemble à des fleurs blanches. Une sorte de fondu-enchaîné entre l'expression du cépage et celle du terroir. Du grand art! Ça me laisse penser qu'on peut le consommer aussi bien maintenant pour bien profiter du fruit, mais qu'on peut également le garder 4-5 ans pour le voir évoluer.

Je suis parfois surpris par des bouteilles que je n'attends pas, je suis parfois déçu de bouteilles dont je me réjouis, mais là, j'attendais beaucoup et j'ai reçu énormément. J'ai acheté ce vin après dégustation au printemps 2013, pour 8,10 EUR, cadeau. Clotilde Davenne produit également du sauvignon de Saint-Bris en version vieilles vignes centenaires, j'ai longuement hésité entre les deux mais, sur le moment de la dégustation et parce que j'avais d'autres achats en vue, j'ai visé le rapport qualité/prix avant tout et les 11 euros d'écart m'ont freiné. Je vous propose donc, en sus du site officiel du domaine des Temps Perdus, une vidéo de Clotilde Davenne présentant le Saint-Bris vieilles vignes 2010.

Vous trouverez également chez elle divers Chablis, et du Crémant de Bourgogne.

Une seule mauvaise nouvelle par contre, et c'est bien triste... je n'en ai plus!

Ma note globale: 93/100

jeudi 27 février 2014

Villa Grand Cap 2012, Lionel Osmin & Cie, blanc, Vin de France, Sud-Ouest

Ouf! Me voici enfin à jour, après m'être familiarisé avec l'interface Blogger et après avoir transféré mes articles précédents en provenance de face de bouc, je vous propose mon premier compte-rendu rédigé spécialement pour ce blog des Vins de Julien.

Flash-back. Nous sommes le 15 septembre 2013, au château de Colonster (Sart Tilman), fin d'après-midi. Une longue dégustation organisée par Privinliège touche à sa fin. Plus de 70 vins testés, c'est éprouvant, et pourtant, juste avant de conclure par le bouquet final (les Cahors du Clos Triguedina), paf, un gros coup de cœur m'a pris par surprise chez Lionel Osmin!

Mon premier contact avec les vins de ce négociant du Sud-Ouest a eu lieu fin 2011, lorsque je devais m'occuper de trouver un Riesling à bon prix pour la choucroute de l'an nouveau. C'est alors qu'un caviste de la région de Metz, la bonne planque de mon ami Pascal, m'a suggéré un blanc moelleux pour l'apéro répondant au doux nom de "Chambre d'Amour". Peu attiré par ce style, du moins à l'époque, j'en ai tout de même ramené deux-trois spécimens pour l'occasion, ils ont fait fureur autour de la table! Et c'est tant mieux, j'ai pu savourer pleinement le Riesling... ;-)



Je ne saurai trop vous décrire la jubilation éprouvée lorsque j'ai planté mes lèvres dans cette Villa Grand Cap. C'était quelque chose de très nouveau pour moi, le blanc sec du Sud-Ouest. Jugez plutôt, au niveau des cépages nous avons 60% de Colombard, 20% de Sauvignon et 20% de Gros Manseng (à prononcer avec l'accent du Sud, c'est plus joli).
Pour schématiser de manière assez basique, le colombard est extrêmement aromatique, le sauvignon aussi mais apporte de la structure et du gras, le gros manseng offre de la puissance. Ces cépages s'associent à merveille dans cette cuvée. Un vin de cépages donc, plutôt qu'un vin d'appellation.

Concrètement, cela nous donne un nez très expressif, un plaisir pur si on apprécie les agrumes (citron, pamplemousse...) mais attendez... ça sent aussi... le raisin! Beaucoup moins que dans le Muscat alsacien, ce qui est heureux, mais c'est perceptible en toile de fond et c'est très chouette.
En bouche, on retrouve évidemment notre palette d'agrumes. La fraîcheur est extrême, l'onctuosité s'installe petit à petit, ce vin a beaucoup d'ampleur, de puissantes caresses pour le palais. La finale est très persistante, toujours sur le fruit, d'une longueur épatante. Je ne m'en lasse pas. C'est à boire assez frais, et dans sa jeunesse histoire d'en profiter un maximum. Mais les arômes complexes ressortent joliment aussi une fois que la température augmente, l'onctuosité donc ce gras en bouche s'intensifie. On peut jouer là-dessus.



Depuis cette découverte, je suis toujours très enclin à tester les blancs de Gascogne, du Pacherenc du Vic-Bihl et autres joyeusetés de la région. C'est souvent très dynamique et "désaltérant". Un peu comme si on se retrouvait à faire les fous dans la cour de récré, après un long entretien passionnant avec un Bourgogne blanc.

Le prix? 6,40EUR, c'est presque trop beau pour être vrai. Je n'ai malheureusement pas d'adresse à vous proposer pour le trouver aisément en Belgique, mais ces négociants se déplacent de temps en temps dans nos contrées, je vous renvoie donc vers le site internet de Lionel Osmin & Cie, très complet par ailleurs! Vous y trouverez notamment un index très instructif sur les cépages autochtones méconnus.
La gamme de vins est très vaste, j'ai également craqué pour leur Irouléguy mais c'est une autre histoire qui trouvera sa place plus tard sur ce blog...

Ma note globale: 91/100

mercredi 26 février 2014

Rully blanc premier cru "Meix Cadot" 2009, Vincent Dureuil-Janthial, Bourgogne

Rully jeunesse!

Je vais vous parler maintenant d'un vin hors du commun. Un vin inoubliable, grandiose. A boire dès à présent, mais un vrai trésor pour sa cave, également. Il s'agit du Rully blanc Premier Cru "Le Meix Cadot" 2009, de la maison Vincent Dureuil-Janthial.
Un tout grand vin de Bourgogne dans une appellation moins prisée que Meursault ou Montrachet, et donc plus douce pour le porte-feuille, on tourne aux environs de 20 euros.

Dès l'ouverture de la bouteille, je me suis aperçu qu'on avait ici quelque chose d'unique et de très intense. Tellement intense que je me suis esclaffé tout seul dans ma cuisine après une première gorgée qui ne voulait jamais me quitter. Dément! C'est presque trop beau de déguster un nectar comme celui-là. Un peu comme si on était privilégié, aux premières loges d'un spectacle inédit, à la fois aux anges et coupable de prendre la place de quelqu'un d'autre.

Et ce spectacle, alors, comment vous le décrire? C'est extrêmement complexe. C'est d'ailleurs fou de constater combien le cépage Chardonnay peut s'exprimer différemment du nord au sud de la Bourgogne, mais je ne vous apprend rien. Au nez, nous avons, entre autres arômes, des fruits compotés, pommes, poires, bien mûrs. En fait j'ai de suite pensé au sirop de Liège, c'est frappant. C'est doux, très expressif. Un peu de fleurs blanches enrobent le tout. Il y a des notes vanillées, boisées, l'élevage en barrique en est sans doute à l'origine, mais c'est parfaitement fondu dans l'ensemble.

En bouche, une acidité dosée au millimètre près vient titiller les papilles. La matière dense ne laisse aucun répit, un soupçon de gras ou plutôt d'onctuosité m'apparaît en faisant voyager le vin en bouche. Les arômes évoqués au nez sont bien au rendez-vous et se font des politesses. L'alcool, on y pense même pas tant l'équilibre est renversant (c'est la magie de la langue française, je n'y peux rien). ;-)

C'est déjà incroyable en l'état, et pourtant ce n'est pas terminé. La finale viendra vous cueillir par surprise, avec des notes très marquées de champignons nobles fraîchement récoltés. Et ça va durer, durer, durer... Les champis, ce n'est pas ce que je préfère, mais ce vin est tellement bien orchestré que je me laisse prendre au jeu. Alors autant dire que ceux qui apprécient seront au paradis... blanc.

Vous en voulez davantage? Au risque de paraître ridicule aux yeux de vos convives, humez le verre une fois vidé, avant de vous resservir. C'est somptueux. C'est là que le boisé s'exprime le plus. Ce n'est pas donné à tous les vins de laisser d'aussi belles empreintes olfactives.

Comme si ça ne suffisait pas, sachez que ce vin n'a pas bougé d'un poil en 24 heures d'ouverture. Il a conservé son équilibre tout du long. Robuste, le bougre! Et donc, au sein d'une cave appropriée, il traversera au moins jusqu'à 10 années sans aucun problème.

A quelle occasion boire cette merveille? Je ne me risquerai pas sur les accords mets/vins, ce n'est pas mon domaine, mais je pense tout de même qu'un chapon aux morilles serait un compagnon respectable. Ceci dit, un grand blanc typé comme celui-là se boit pour ma part pour lui-même. Pour immortaliser un grand moment, jalousement en solitaire, ou avec une personne qui a la même sensibilité que vous. J'ai besoin de calme, de concentration et de temps pour communier littéralement avec ces vins d'exception pour en capter toute leur essence, et je n'en ai pas toujours l'occasion entre amis parce que les flacons se vident rapidement à plusieurs. Et pour l'apéro entre potes, une kyrielle d'autres vins font parfaitement l'affaire, j'en ai déjà présenté ici.

Pour terminer, sachez qu'un grand nombre de cuvées sont produites chez Dureuil-Janthial, notamment deux autres premiers crus de Rully, mais également le même Meix Cadot en vieilles vignes (qui ont plus de 80 ans je crois). Peut-être plus difficile à trouver, et plus cher. Le jeu en vaut-il la chandelle? Je ne demande qu'à m'y risquer!

Vous trouverez le site du domaine en cliquant là.

Ma note globale: 98/100, sans sourciller

mercredi 19 février 2014

Edelfruit 2009, Edelzwicker, blanc sec, domaine Mauler, Alsace

Une belle surprise!

Acheté en mai 2012 à Spa après dégustation, débouché le 18 octobre 2013.

C'est lors de l'inventaire de ma petite cave que je suis retombé sur ma dernière bouteille de ce domaine de 14 hectares situés dans les environs de Beblenheim. Ce ne sont pas les vignerons les plus connus d'Alsace, loin s'en faut. Et pourtant, selon les millésimes, il y a des trésors cachés parmi leur vaste gamme. C'est avec eux que j'ai découvert le sylvaner, par exemple.

Mais c'est bien d'Edelzwicker dont je vais vous parler aujourd'hui. Un assemblage qui n'a pas très bonne réputation et qui est dédaigné au profit des Riesling, Gewurz et autres appellations phares d'Alsace. Dans la potion qui nous préoccupe, nous retrouvons du Gewurztraminer et du Muscat pour la dimension aromatique, ainsi que du Pinot Blanc et du Sylvaner pour complexifier la structure.



Au nez, c'est très exubérant. On se laisse envahir par le fruit (agrumes, oranges confites...) et les épices (girofle). On le hume longtemps parce que ça vaut la peine. C'est le muscat qui surnage et qui domine légèrement, mais le gewurztraminer reprend la main en bouche. C'est très gras, assez complexe. Il y a un peu de perlant dont on peut aisément se débarrasser avec l'aération si on aime pas ça, mais c'est bienvenu et à mon avis nécessaire pour ajouter un peu de fraicheur à ce vin qui en manque un brin, c'est le seul reproche que je pourrais lui faire. 12% d'alcool, c'est gentil. La finale par contre est d'une rare longueur, c'est le grand point fort de ce blanc à mon sens. Il a quatre ans et il est à son apogée. Une vraie petite gourmandise!

C'est ça la merveille de la découverte des vins. La surprise et le plaisir en sont d'autant plus grands quand on n'attend rien de particulier de la bouteille qui nous fait face. Peu importe sa provenance, Nord, Sud, Est, Ouest, si le terroir est de qualité, si les vignerons pouponnent leurs vignes et leurs fruits avec application et savoir-faire, le résultat sera forcément digne d'intérêt et ça se sentira dans le verre.

Un petit coup d'œil sur le site du domaine Mauler?

Ma note globale: 85/100, et je l'assume!

mardi 18 février 2014

Viré-Clessé blanc 2011, Delhaize Groupe, Mâconnais, Bourgogne

L'achat de vin en grande surface, ce n'est pas ma tasse de thé (ce serait dommage d'ailleurs, puisqu'on parle de vin)! Pourtant, c'est très amusant, voire grisant de se promener au milieu de ces centaines de bouteilles en provenance de tous horizons. Crus bourgeois, grands vins de Bourgogne, vins exotiques du Chili ou d'Argentine à des prix si bas qu'on se sent presque coupable de les laisser sur place. C'est de la poudre aux yeux, ni plus ni moins. Bien davantage de déceptions que de bonnes surprises, lors de mes achats en grande distribution. A moins de savoir réellement ce qu'on veut, en consultant au préalable les catalogues de nos chères enseignes. Emporter une bouteille chez Delhaize ou Carrefour, ça se prépare à l'avance. Parce qu'un achat impulsif sera décevant neuf fois sur dix, l'impact du marketing et des étiquettes est considérable. Vous n'avez pas non plus l'occasion de déguster le flacon convoité, sauf lors d'actions spéciales.
Les bons plans existent, mais ils sont noyés parmi de très mauvais.

Mais Delhaize a son propre labo, et donc son propre service de mise en bouteille, ce qui lui permet d'offrir des produits à prix très doux. Le jeu en vaut-il la chandelle? A mon avis "oui", mais uniquement si vous avez besoin de vins en quantité un peu plus importante, pour vos réceptions, vos repas entre copains... Rien ne vaut le travail pur du vigneron quand on souhaite vraiment se faire plaisir!

Concentrons-nous maintenant plus précisément sur ce Viré-Clessé... C'est une AOC toute jeune puisqu'elle n'est reconnue que depuis 1999. On n'y produit que du blanc, Chardonnay. Le nez est en retenue, assez conventionnel mais très agréable, à dominance de fruit légèrement acidulé, la pomme vient à l'esprit.

En bouche, je reste un peu sur ma faim quant à la complexité et la typicité du vin. C'est bon, c'est relativement bien équilibré, mais c'est très classique, presque sans âme. C'est assez gras, voire onctueux, un vin qui fait saliver, c'est pourquoi je m'interroge sur la quantité de sucre ajoutée par rapport à l'acidité perçue au nez mais assez ténue en bouche. Les étiquettes ne nous disent pas tout, elles sont là pour vendre!

La finale reste toutefois assez appréciable, et plus longue que ce que j'avais estimé étant donné les étapes précédentes. L'alcool ressort et réchauffe très légèrement la bouche au finish. Il n'y a pas d'élevage en fût donc on reste sur la même palette fruitée tout du long. Et hormis quelques petites notes dérangeantes mais fugaces lorsqu'on fait voyager le vin en bouche, c'est sympathique.

Pour terminer, je conseille de consommer ce vin assez frais, pour l'apéro par exemple, après élevage de quelques heures au frigo. Inutile de le conserver, il n'y a pas grand chose à aller chercher avec quelques années de plus. Mais un Bourgogne blanc, à 6,65E/bouteille, 5,32/bouteille si vous l'achetez par carton de six durant la foire aux vins en cours, moins la consigne (!), c'est cadeau.

Je vous présenterai un de ces jours l'offre Viré-Clessé de chez Colruyt en guise de comparaison, à votre avis... qui va l'emporter?

Delhaize Wine World

Ma note globale: 73/100