Bienvenue pour ce compte-rendu de dégustation chardonnesque, deuxième face à face proposé par le site Quitou.com. Deux blancs français mais de coins différents vont tenter de nous livrer leurs secrets, cet épisode nous propose d'apprivoiser ce caméléon de cépage qu'est le Chardonnay.
A ma gauche, l'Artisan 2012, un Chardo languedocien. Sous la bannière de Laurent Miquel, on trouve deux vastes propriétés, Cazal Viel dans la zone d'appellation de Saint-Chinian, et Les Auzines, plus bas sur Corbières. Cela donne lieu à une kyrielle de vins différents de toutes les couleurs, classés en diverses gammes: les vins d'appellations, les mono-cépages, ... J'ai aperçu qu'on y produisait un Albarino en feuilletant le site web de la maison, voilà qui attise ma curiosité. Mais revenons plutôt à ce 100% Chardonnay, qui, toujours selon le site officiel, a été élevé pour moitié pendant 5 mois en barrique. La dégustation me fait penser à 18 mois plutôt qu'à 5, mais soit!
A ma droite, le Mâcon-Fuissé 2012 du Château Vitallis. L'appellation permet de situer aisément ce domaine au sud de la Bourgogne, sur les communes de Fuissé et Solutré. Denis Dutron n'y produit à priori que du blanc, deux Pouilly-fuissés, un Saint-Véran, et du Crémant. Mais c'est en l'occurence le Mâcon-Fuissé qui nous intéresse ici, c'est d'ailleurs le premier que j'ai la chance de déguster, je manque donc de références. Ce vin est produit à partir de vignes trentenaires et est élevé en cuve.
Je ne vous fait plus languir, voici ce que j'ai pensé de la cuvée "L'Artisan": élevage très intrusif au départ, on ne sent quasi que du bois au nez, j'ai l'impression que je vais croquer la barrique qui a couvé ce vin. En bouche, un peu de banane, de poire et de fleurs sucrées parviennent à surnager à travers les planches. Ce qui est un peu plus intéressant, c'est que l'attaque se fait très moelleuse, beaucoup de gras pour commencer, avec pourtant une pointe inattendue de fraicheur en finale. L'alcool est bien intégré donc on est loin d'être sur un vin pataud. La finale est de longueur moyenne, sur des notes de caramel et apporte une légère amertume bien agréable. Après quelques heures, en terme d'arômes je parviens enfin à mettre un nom qui se rapproche d'un parfum bien particulier, un peu chimique. Vous savez, ces petits bonbons à croquer en forme de pastilles... on en trouve certaines variantes sous la forme de colliers. C'est original.
Et du côté du Mâcon-Fuissé alors? Le nez du bourguignon est un peu moins exubérant mais plus racé, sur des notes d'agrumes (pamplemousse) et de beurre-citron, il annonce beaucoup de fraicheur et j'ai l'impression que ce vin peut permettre de bien jolis accords à table. Derrière ces agrumes se faufilent une ou deux pommes vertes. En bouche ça se confirme, belle acidité même si on est loin de Chardonnays tranchants comme on en trouve davantage au nord de la Bourgogne. Un petit peu de gras s'installe en milieu de bouche avec sa couronne de fleurs parfumées. L'alcool est un peu plus ressenti en finale mais rien de dramatique. C'est juste un peu surprenant, étant donné les climats différents et l'origine de ces deux vins, on aurait pu s'attendre au contraire à ressentir davantage l'alcool sur le Languedocien. La finale est de longueur assez moyenne, sur des notes vaguement miellées.
Je constate avec joie que les deux vins n'ont quasi pas bougé sur deux jours. Le sudiste s'est même amélioré, il a gagné en longueur finale, le nez s'est orienté vers des arômes un peu plus sucrés type grenadine. Si le vin du Languedoc est probablement à boire pour ce qu'il est maintenant ou dans les deux-trois prochaines années, le Mâcon-Fuissé pourra supporter voire bénéficier de quelques années de plus en cave si on le souhaite. Ce qui est important à retenir avec cet exercice, c'est la différence entre élevage en cuve et élevage en barriques. Lorsque ce dernier est bien réalisé et à petite dose, cela peut vraiment apporter un plus en terme de structure au vin, donc je ne suis pas aussi catégorique comme peuvent l'être certains contre le bois, il faut simplement éviter que celui-ci domine et étouffe la matière, ce qui rend généralement le breuvage ennuyeux. J'ai néanmoins aimé l'originalité de "l'Artisan", et je remonte légèrement ma note suite à ces améliorations relativement inattendues. mais j'ai davantage vibré avec le Mâcon-Fuissé. Son prix de 10,90 EUR en fait une affaire plutôt intéressante.
A défaut de coup de coeur ultime jusqu'à présent, ces dégustations comparatives sont décidément fort enrichissantes! Stimuler les nasaux sur deux verres côte à côte, ça aiguise les sens. A quand un comparatif entre Puligny et Chassagne? Bon d'accord, je me tais... ;-)
Ma note globale: Artisan 2012: 77/100, Mâcon-Fuissé 2012: 84/100
Le troisième pack concerne les bulles, miam, avis aux amateurs!
Présentation de bouteilles en provenance du monde entier par un simple amateur passionné, sans langue de bois ni parti pris.
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jeudi 5 février 2015
mercredi 10 septembre 2014
Savigny-Les-Beaune 2010, rouge, domaine Jacob-Mauclair, Bourgogne
Offrons-nous encore un petit intermède en Bourgogne, si vous le voulez bien. C'est lors du salon à Remouchamps que j'ai flashé pour celui-ci. Non, tout n'est pas forcément hors de prix dans cette charmante région. Nous sommes ici davantage dans la catégorie des vins, si pas de tous les jours, disons de la semaine. Nous tournons autour de 10 euros la bouteille, great value for the money! On remarquera l'aval sous forme de médaille des Chevaliers du Tastevin, si c'est pas beau, ça!
Un nez assez réservé, pas très bavard même après agitation, plus vineux que le Nuits-saint-Georges précédemment évoqué, moins complexe et moins élégant mais il y a tout de même du fruit rouge qui émerge, la cerise surtout, rejointe par de la myrtille après une bonne heure d'aération.
En bouche, une acidité assez marquée qui porte joliment un jus très épuré, une impression de légèreté et de souplesse tout autour du palais, les tannins sont relativement peu nombreux et bien disciplinés, l'alcool est ressenti un peu plus lors d'une finale tonique d'une longueur assez surprenante, sur une cerise bien juteuse. Ça pinote à donf et c'est tout en crescendo!
Un vin généreux avec beaucoup de caractère, qui ne cherche pas à jouer au plus fin mais qui me donne beaucoup de plaisir et qui se boit goulument. Il n'est pas reconnaissable entre milles à mon avis, mais se débrouille bien pour représenter très correctement ce qu'on peut attendre de l'appellation Savigny-lès-Beaune.
Il ne semble pas y avoir de site officiel pour ce domaine assez discret sur internet, je vous renvoie donc à leurs coordonnées. Mais vous les retrouverez probablement au salon des vins de Remouchamps au printemps 2015. ;-)
Ma note globale: 85/100
Un nez assez réservé, pas très bavard même après agitation, plus vineux que le Nuits-saint-Georges précédemment évoqué, moins complexe et moins élégant mais il y a tout de même du fruit rouge qui émerge, la cerise surtout, rejointe par de la myrtille après une bonne heure d'aération.
En bouche, une acidité assez marquée qui porte joliment un jus très épuré, une impression de légèreté et de souplesse tout autour du palais, les tannins sont relativement peu nombreux et bien disciplinés, l'alcool est ressenti un peu plus lors d'une finale tonique d'une longueur assez surprenante, sur une cerise bien juteuse. Ça pinote à donf et c'est tout en crescendo!
Un vin généreux avec beaucoup de caractère, qui ne cherche pas à jouer au plus fin mais qui me donne beaucoup de plaisir et qui se boit goulument. Il n'est pas reconnaissable entre milles à mon avis, mais se débrouille bien pour représenter très correctement ce qu'on peut attendre de l'appellation Savigny-lès-Beaune.
Il ne semble pas y avoir de site officiel pour ce domaine assez discret sur internet, je vous renvoie donc à leurs coordonnées. Mais vous les retrouverez probablement au salon des vins de Remouchamps au printemps 2015. ;-)
Ma note globale: 85/100
samedi 6 septembre 2014
Nuits-Saint-Georges Premier Cru 2006, rouge, Domaine Michel Gros, Bourgogne
J'aime voyager le temps d'une bouteille à travers des zones viticoles méconnues, toujours en recherche de nouvelles sensations. Mais j'ai bien évidemment des ports d'attache, des fils rouges en quelque sorte, et la Bourgogne en fait partie. D'autant plus que c'est dans cette région (Beaune, Rully, Meursault...) que j'ai effectué mon premier réel voyage oenotouristique cette année, quatre jours de mai en immersion totale dans le monde du vin. Enfin totale, pas tout à fait, j'ai échappé au pigeage à la bourguignonne. ;-) Visite de plusieurs domaines, d'une tonnellerie, d'un magasin d'article viticole, accords mets/vins avec la gastronomie locale... Une organisation aux petits oignons orchestrée par notre prof oenologue Pierre Christman. Bref, un rêve éveillé!
La première visite s'est déroulée dans les installations du domaine Michel Gros, à Vosne-Romanée. La famille Gros, présente depuis plusieurs générations dans la région, a vu ses propriétés s'étendrent, jusqu'à se décliner sur quatre domaines autonomes aujourd'hui, ce qui peut prêter à confusion. Le plus connu étant certainement le domaine Anne Gros, il y a également les domaines Gros frères et soeurs à Pomard et le domaine Anne-Françoise Gros. La galère pour s'y retrouver, surtout que la Bourgogne étant de taille modeste, on identifie des vins en diverses appellations pour chaque domaine. A se demander comment les vendangeurs se débrouillent pour ne pas récolter les raisins du voisin. ;-)
La visite fut aussi instructive que goûtue! Des vins d'une qualité remarquable, d'une grande finesse, sans exception. Des nez vraiment très réussi, j'ai souvent comparé ce vigneron à un parfumeur en dégustant les échantillons qui nous ont été présentés au caveau. La particularité du domaine, c'est un monopole en Vosne-Romanée Premier Cru, le Clos des Réas. Mais c'est sur du très lourd que j'ai craqué en terme d'achat, ce Nuits-Saint-Georges m'est apparu d'une profondeur extrême et d'une grande puissance. Il s'agit d'un premier cru dont la parcelle n'est pas indiquée sur la bouteille, tout simplement parce qu'il y en a deux: Les Vignerondes et Les Murgers. Le tout sur 0.27 hectares, ce qui doit donner bien peu de bouteilles par an.
Au nez, c'est tout d'abord un peu citronné, un peu poivré aussi, avant de laisser apparaître un cocktail de fruits dominé par la myrtille et la framboise. Un nez captivant comme tout bourgogne qui se respecte, complexe et harmonieux, un ensemble si bien fondu qu'il n'est pas aisé d'identifier chaque composant séparément. Le bois est encore perceptible, mais de manière subtile pour apporter un peu d'épices à ce bouquet parfumé. Expressif et avenant quasi dès l'ouverture de la bouteille, j'aime!
Mais c'est surtout pour la bouche et sa structure stratosphérique que j'avais craqué lors de la dégustation in situ, et je suis un peu frustré au premier verre de ce côté-là. La matière y est, aucun doute là-dessus, une belle acidité bien dosée tout du long, et des tannins en nombre records, le vin se mâche presque. Jamais expérimenté ça sur un pinot noir. L'alcool est présent aussi sans en faire trop. Bref tout le monde est là mais de petits groupes se forment et ils papotent chacun dans leur coin plutôt que de tenir un discours uni. Une matière énorme donc, sans être envahissante pour autant, ça reste très savoureux. La finale est d'une longueur impressionante, toujours à dominante de fruits noirs. Le genre de vin qu'on boit lentement et avec attention, qu'on admire, qu'on respecte, qu'on vénère presque. Je suis juste un peu triste de ne pas avoir à nouveau ressenti cette magie, cette symbiose parfaite qui m'avais fait décoller du sol là-bas. L'enthousiasme d'être sur place? Je ne pense pas. Un voyage qui aurait un peu perturbé ce fragile équilibre? Peut-être. L'acidité me semblait un peu plus importante lors de ma première rencontre avec ce vin, c'est peut-être elle qui dynamisait et coordonnait l'ensemble. Je ne sais pas. Mais quoi qu'il en soit, ça reste une bouteille exceptionelle. Elle n'a pas bougé d'un poil sur deux jours ce qui m'a laissé tout le temps de l'ausculter en long et en large.
Le meilleur moyen de vous procurer cette potion magique, c'est d'aller sur place. Vous y serez assurément bien reçu. Vous trouverez les coordonnées sur le site internet de la propriété en cliquant ici
La gamme est très vaste, on y trouve des vins à prix plus doux mais pour celui-ci il vous faudra débourser environ 46 euros, ce qui est relativement raisonnable pour du premier cru en Nuits-Saint-Georges!
Ma note globale: 92/100
La première visite s'est déroulée dans les installations du domaine Michel Gros, à Vosne-Romanée. La famille Gros, présente depuis plusieurs générations dans la région, a vu ses propriétés s'étendrent, jusqu'à se décliner sur quatre domaines autonomes aujourd'hui, ce qui peut prêter à confusion. Le plus connu étant certainement le domaine Anne Gros, il y a également les domaines Gros frères et soeurs à Pomard et le domaine Anne-Françoise Gros. La galère pour s'y retrouver, surtout que la Bourgogne étant de taille modeste, on identifie des vins en diverses appellations pour chaque domaine. A se demander comment les vendangeurs se débrouillent pour ne pas récolter les raisins du voisin. ;-)
La visite fut aussi instructive que goûtue! Des vins d'une qualité remarquable, d'une grande finesse, sans exception. Des nez vraiment très réussi, j'ai souvent comparé ce vigneron à un parfumeur en dégustant les échantillons qui nous ont été présentés au caveau. La particularité du domaine, c'est un monopole en Vosne-Romanée Premier Cru, le Clos des Réas. Mais c'est sur du très lourd que j'ai craqué en terme d'achat, ce Nuits-Saint-Georges m'est apparu d'une profondeur extrême et d'une grande puissance. Il s'agit d'un premier cru dont la parcelle n'est pas indiquée sur la bouteille, tout simplement parce qu'il y en a deux: Les Vignerondes et Les Murgers. Le tout sur 0.27 hectares, ce qui doit donner bien peu de bouteilles par an.
Au nez, c'est tout d'abord un peu citronné, un peu poivré aussi, avant de laisser apparaître un cocktail de fruits dominé par la myrtille et la framboise. Un nez captivant comme tout bourgogne qui se respecte, complexe et harmonieux, un ensemble si bien fondu qu'il n'est pas aisé d'identifier chaque composant séparément. Le bois est encore perceptible, mais de manière subtile pour apporter un peu d'épices à ce bouquet parfumé. Expressif et avenant quasi dès l'ouverture de la bouteille, j'aime!
Mais c'est surtout pour la bouche et sa structure stratosphérique que j'avais craqué lors de la dégustation in situ, et je suis un peu frustré au premier verre de ce côté-là. La matière y est, aucun doute là-dessus, une belle acidité bien dosée tout du long, et des tannins en nombre records, le vin se mâche presque. Jamais expérimenté ça sur un pinot noir. L'alcool est présent aussi sans en faire trop. Bref tout le monde est là mais de petits groupes se forment et ils papotent chacun dans leur coin plutôt que de tenir un discours uni. Une matière énorme donc, sans être envahissante pour autant, ça reste très savoureux. La finale est d'une longueur impressionante, toujours à dominante de fruits noirs. Le genre de vin qu'on boit lentement et avec attention, qu'on admire, qu'on respecte, qu'on vénère presque. Je suis juste un peu triste de ne pas avoir à nouveau ressenti cette magie, cette symbiose parfaite qui m'avais fait décoller du sol là-bas. L'enthousiasme d'être sur place? Je ne pense pas. Un voyage qui aurait un peu perturbé ce fragile équilibre? Peut-être. L'acidité me semblait un peu plus importante lors de ma première rencontre avec ce vin, c'est peut-être elle qui dynamisait et coordonnait l'ensemble. Je ne sais pas. Mais quoi qu'il en soit, ça reste une bouteille exceptionelle. Elle n'a pas bougé d'un poil sur deux jours ce qui m'a laissé tout le temps de l'ausculter en long et en large.
Le meilleur moyen de vous procurer cette potion magique, c'est d'aller sur place. Vous y serez assurément bien reçu. Vous trouverez les coordonnées sur le site internet de la propriété en cliquant ici
La gamme est très vaste, on y trouve des vins à prix plus doux mais pour celui-ci il vous faudra débourser environ 46 euros, ce qui est relativement raisonnable pour du premier cru en Nuits-Saint-Georges!
Ma note globale: 92/100
lundi 17 mars 2014
Saint-Bris 2012, blanc, Domaine Les Temps Perdus, Clotilde Davenne, Bourgogne
Ah, si seulement je pouvais trouver un matou qui pisse un tel nectar!
Je souhaite attirer votre attention aujourd'hui sur une appellation qui est encore relativement confidentielle. L'AOC Saint-Bris est née en 2003, et elle s'étend sur une petite centaine d'hectares. Le domaine des Temps Perdus quant à lui se situe dans l'Yonne, en gros entre Auxerre et Chablis. La caractéristique notable de Saint-Bris, c'est du sauvignon, en Bourgogne. Tout arrive!
Disons le tout de suite, les arômes de ce 100% sauvignon sont bien trop élégants pour y retrouver le côté "pipi de chat" souvent associé à ce cépage. Précisons également que l'élevage s'effectue en cuve pour la totalité des vins blancs du domaine.
Au premier nez, c'est très frais, les agrumes sont au première ligne: citron, pamplemousse. Une pointe de cassis effectue de timides incursions. Un soupçon d'arômes minéraux m'apparait un peu plus tard après aération. L'alcool est très peu perceptible. C'est superbe et prometteur pour la suite.
En bouche, un infirme perlant m'accueille, en compagnie d'une acidité vive mais parfaitement dosée. Ce perlant s'évapore assez rapidement. Lorsque je fais voyager le vin autour de la langue, une onctuosité gourmande s'installe progressivement. Encore un modèle de vin très équilibré. Le milieu de bouche est dense, savoureux, c'est vraiment à ce stade que je me rend compte de la qualité de cette cuvée. La finale me laisse sur une impression de fraicheur et de douceur, et elle est furieusement longue, ce qui était à prévoir. Je ne sais pas comment décrire ça précisément en mots, mais le côté bourguignon se perçoit en fin de bouche. On démarre avec des agrumes, mais on termine par ce qui ressemble à des fleurs blanches. Une sorte de fondu-enchaîné entre l'expression du cépage et celle du terroir. Du grand art! Ça me laisse penser qu'on peut le consommer aussi bien maintenant pour bien profiter du fruit, mais qu'on peut également le garder 4-5 ans pour le voir évoluer.
Je suis parfois surpris par des bouteilles que je n'attends pas, je suis parfois déçu de bouteilles dont je me réjouis, mais là, j'attendais beaucoup et j'ai reçu énormément. J'ai acheté ce vin après dégustation au printemps 2013, pour 8,10 EUR, cadeau. Clotilde Davenne produit également du sauvignon de Saint-Bris en version vieilles vignes centenaires, j'ai longuement hésité entre les deux mais, sur le moment de la dégustation et parce que j'avais d'autres achats en vue, j'ai visé le rapport qualité/prix avant tout et les 11 euros d'écart m'ont freiné. Je vous propose donc, en sus du site officiel du domaine des Temps Perdus, une vidéo de Clotilde Davenne présentant le Saint-Bris vieilles vignes 2010.
Vous trouverez également chez elle divers Chablis, et du Crémant de Bourgogne.
Une seule mauvaise nouvelle par contre, et c'est bien triste... je n'en ai plus!
Ma note globale: 93/100
Je souhaite attirer votre attention aujourd'hui sur une appellation qui est encore relativement confidentielle. L'AOC Saint-Bris est née en 2003, et elle s'étend sur une petite centaine d'hectares. Le domaine des Temps Perdus quant à lui se situe dans l'Yonne, en gros entre Auxerre et Chablis. La caractéristique notable de Saint-Bris, c'est du sauvignon, en Bourgogne. Tout arrive!
Disons le tout de suite, les arômes de ce 100% sauvignon sont bien trop élégants pour y retrouver le côté "pipi de chat" souvent associé à ce cépage. Précisons également que l'élevage s'effectue en cuve pour la totalité des vins blancs du domaine.
Au premier nez, c'est très frais, les agrumes sont au première ligne: citron, pamplemousse. Une pointe de cassis effectue de timides incursions. Un soupçon d'arômes minéraux m'apparait un peu plus tard après aération. L'alcool est très peu perceptible. C'est superbe et prometteur pour la suite.
En bouche, un infirme perlant m'accueille, en compagnie d'une acidité vive mais parfaitement dosée. Ce perlant s'évapore assez rapidement. Lorsque je fais voyager le vin autour de la langue, une onctuosité gourmande s'installe progressivement. Encore un modèle de vin très équilibré. Le milieu de bouche est dense, savoureux, c'est vraiment à ce stade que je me rend compte de la qualité de cette cuvée. La finale me laisse sur une impression de fraicheur et de douceur, et elle est furieusement longue, ce qui était à prévoir. Je ne sais pas comment décrire ça précisément en mots, mais le côté bourguignon se perçoit en fin de bouche. On démarre avec des agrumes, mais on termine par ce qui ressemble à des fleurs blanches. Une sorte de fondu-enchaîné entre l'expression du cépage et celle du terroir. Du grand art! Ça me laisse penser qu'on peut le consommer aussi bien maintenant pour bien profiter du fruit, mais qu'on peut également le garder 4-5 ans pour le voir évoluer.
Je suis parfois surpris par des bouteilles que je n'attends pas, je suis parfois déçu de bouteilles dont je me réjouis, mais là, j'attendais beaucoup et j'ai reçu énormément. J'ai acheté ce vin après dégustation au printemps 2013, pour 8,10 EUR, cadeau. Clotilde Davenne produit également du sauvignon de Saint-Bris en version vieilles vignes centenaires, j'ai longuement hésité entre les deux mais, sur le moment de la dégustation et parce que j'avais d'autres achats en vue, j'ai visé le rapport qualité/prix avant tout et les 11 euros d'écart m'ont freiné. Je vous propose donc, en sus du site officiel du domaine des Temps Perdus, une vidéo de Clotilde Davenne présentant le Saint-Bris vieilles vignes 2010.
Vous trouverez également chez elle divers Chablis, et du Crémant de Bourgogne.
Une seule mauvaise nouvelle par contre, et c'est bien triste... je n'en ai plus!
Ma note globale: 93/100
mercredi 26 février 2014
Rully blanc premier cru "Meix Cadot" 2009, Vincent Dureuil-Janthial, Bourgogne
Rully jeunesse!
Je vais vous parler maintenant d'un vin hors du commun. Un vin inoubliable, grandiose. A boire dès à présent, mais un vrai trésor pour sa cave, également. Il s'agit du Rully blanc Premier Cru "Le Meix Cadot" 2009, de la maison Vincent Dureuil-Janthial.
Un tout grand vin de Bourgogne dans une appellation moins prisée que Meursault ou Montrachet, et donc plus douce pour le porte-feuille, on tourne aux environs de 20 euros.
Dès l'ouverture de la bouteille, je me suis aperçu qu'on avait ici quelque chose d'unique et de très intense. Tellement intense que je me suis esclaffé tout seul dans ma cuisine après une première gorgée qui ne voulait jamais me quitter. Dément! C'est presque trop beau de déguster un nectar comme celui-là. Un peu comme si on était privilégié, aux premières loges d'un spectacle inédit, à la fois aux anges et coupable de prendre la place de quelqu'un d'autre.
Et ce spectacle, alors, comment vous le décrire? C'est extrêmement complexe. C'est d'ailleurs fou de constater combien le cépage Chardonnay peut s'exprimer différemment du nord au sud de la Bourgogne, mais je ne vous apprend rien. Au nez, nous avons, entre autres arômes, des fruits compotés, pommes, poires, bien mûrs. En fait j'ai de suite pensé au sirop de Liège, c'est frappant. C'est doux, très expressif. Un peu de fleurs blanches enrobent le tout. Il y a des notes vanillées, boisées, l'élevage en barrique en est sans doute à l'origine, mais c'est parfaitement fondu dans l'ensemble.
En bouche, une acidité dosée au millimètre près vient titiller les papilles. La matière dense ne laisse aucun répit, un soupçon de gras ou plutôt d'onctuosité m'apparaît en faisant voyager le vin en bouche. Les arômes évoqués au nez sont bien au rendez-vous et se font des politesses. L'alcool, on y pense même pas tant l'équilibre est renversant (c'est la magie de la langue française, je n'y peux rien). ;-)
C'est déjà incroyable en l'état, et pourtant ce n'est pas terminé. La finale viendra vous cueillir par surprise, avec des notes très marquées de champignons nobles fraîchement récoltés. Et ça va durer, durer, durer... Les champis, ce n'est pas ce que je préfère, mais ce vin est tellement bien orchestré que je me laisse prendre au jeu. Alors autant dire que ceux qui apprécient seront au paradis... blanc.
Vous en voulez davantage? Au risque de paraître ridicule aux yeux de vos convives, humez le verre une fois vidé, avant de vous resservir. C'est somptueux. C'est là que le boisé s'exprime le plus. Ce n'est pas donné à tous les vins de laisser d'aussi belles empreintes olfactives.
Comme si ça ne suffisait pas, sachez que ce vin n'a pas bougé d'un poil en 24 heures d'ouverture. Il a conservé son équilibre tout du long. Robuste, le bougre! Et donc, au sein d'une cave appropriée, il traversera au moins jusqu'à 10 années sans aucun problème.
A quelle occasion boire cette merveille? Je ne me risquerai pas sur les accords mets/vins, ce n'est pas mon domaine, mais je pense tout de même qu'un chapon aux morilles serait un compagnon respectable. Ceci dit, un grand blanc typé comme celui-là se boit pour ma part pour lui-même. Pour immortaliser un grand moment, jalousement en solitaire, ou avec une personne qui a la même sensibilité que vous. J'ai besoin de calme, de concentration et de temps pour communier littéralement avec ces vins d'exception pour en capter toute leur essence, et je n'en ai pas toujours l'occasion entre amis parce que les flacons se vident rapidement à plusieurs. Et pour l'apéro entre potes, une kyrielle d'autres vins font parfaitement l'affaire, j'en ai déjà présenté ici.
Pour terminer, sachez qu'un grand nombre de cuvées sont produites chez Dureuil-Janthial, notamment deux autres premiers crus de Rully, mais également le même Meix Cadot en vieilles vignes (qui ont plus de 80 ans je crois). Peut-être plus difficile à trouver, et plus cher. Le jeu en vaut-il la chandelle? Je ne demande qu'à m'y risquer!
Vous trouverez le site du domaine en cliquant là.
Ma note globale: 98/100, sans sourciller
Je vais vous parler maintenant d'un vin hors du commun. Un vin inoubliable, grandiose. A boire dès à présent, mais un vrai trésor pour sa cave, également. Il s'agit du Rully blanc Premier Cru "Le Meix Cadot" 2009, de la maison Vincent Dureuil-Janthial.
Un tout grand vin de Bourgogne dans une appellation moins prisée que Meursault ou Montrachet, et donc plus douce pour le porte-feuille, on tourne aux environs de 20 euros.
Dès l'ouverture de la bouteille, je me suis aperçu qu'on avait ici quelque chose d'unique et de très intense. Tellement intense que je me suis esclaffé tout seul dans ma cuisine après une première gorgée qui ne voulait jamais me quitter. Dément! C'est presque trop beau de déguster un nectar comme celui-là. Un peu comme si on était privilégié, aux premières loges d'un spectacle inédit, à la fois aux anges et coupable de prendre la place de quelqu'un d'autre.
Et ce spectacle, alors, comment vous le décrire? C'est extrêmement complexe. C'est d'ailleurs fou de constater combien le cépage Chardonnay peut s'exprimer différemment du nord au sud de la Bourgogne, mais je ne vous apprend rien. Au nez, nous avons, entre autres arômes, des fruits compotés, pommes, poires, bien mûrs. En fait j'ai de suite pensé au sirop de Liège, c'est frappant. C'est doux, très expressif. Un peu de fleurs blanches enrobent le tout. Il y a des notes vanillées, boisées, l'élevage en barrique en est sans doute à l'origine, mais c'est parfaitement fondu dans l'ensemble.
En bouche, une acidité dosée au millimètre près vient titiller les papilles. La matière dense ne laisse aucun répit, un soupçon de gras ou plutôt d'onctuosité m'apparaît en faisant voyager le vin en bouche. Les arômes évoqués au nez sont bien au rendez-vous et se font des politesses. L'alcool, on y pense même pas tant l'équilibre est renversant (c'est la magie de la langue française, je n'y peux rien). ;-)
C'est déjà incroyable en l'état, et pourtant ce n'est pas terminé. La finale viendra vous cueillir par surprise, avec des notes très marquées de champignons nobles fraîchement récoltés. Et ça va durer, durer, durer... Les champis, ce n'est pas ce que je préfère, mais ce vin est tellement bien orchestré que je me laisse prendre au jeu. Alors autant dire que ceux qui apprécient seront au paradis... blanc.
Vous en voulez davantage? Au risque de paraître ridicule aux yeux de vos convives, humez le verre une fois vidé, avant de vous resservir. C'est somptueux. C'est là que le boisé s'exprime le plus. Ce n'est pas donné à tous les vins de laisser d'aussi belles empreintes olfactives.
Comme si ça ne suffisait pas, sachez que ce vin n'a pas bougé d'un poil en 24 heures d'ouverture. Il a conservé son équilibre tout du long. Robuste, le bougre! Et donc, au sein d'une cave appropriée, il traversera au moins jusqu'à 10 années sans aucun problème.
A quelle occasion boire cette merveille? Je ne me risquerai pas sur les accords mets/vins, ce n'est pas mon domaine, mais je pense tout de même qu'un chapon aux morilles serait un compagnon respectable. Ceci dit, un grand blanc typé comme celui-là se boit pour ma part pour lui-même. Pour immortaliser un grand moment, jalousement en solitaire, ou avec une personne qui a la même sensibilité que vous. J'ai besoin de calme, de concentration et de temps pour communier littéralement avec ces vins d'exception pour en capter toute leur essence, et je n'en ai pas toujours l'occasion entre amis parce que les flacons se vident rapidement à plusieurs. Et pour l'apéro entre potes, une kyrielle d'autres vins font parfaitement l'affaire, j'en ai déjà présenté ici.
Pour terminer, sachez qu'un grand nombre de cuvées sont produites chez Dureuil-Janthial, notamment deux autres premiers crus de Rully, mais également le même Meix Cadot en vieilles vignes (qui ont plus de 80 ans je crois). Peut-être plus difficile à trouver, et plus cher. Le jeu en vaut-il la chandelle? Je ne demande qu'à m'y risquer!
Vous trouverez le site du domaine en cliquant là.
Ma note globale: 98/100, sans sourciller
mercredi 19 février 2014
Chinoiseries vineuses
Ah, le vin dans les restaurants chinois... tout un art! Je vais vous relater dans cet article l'aventure qui m'est arrivée hier soir avec la bouteille qui a accompagné notre fondue.
Vous le savez certainement, la carte des vins dans les restaurants asiatiques de la région nous laisse souvent l'embarras du choix, voire dans l'embarras tout court. On y trouve de tout, un tas d'appellations, mais souvent sans aucune précision concernant le domaine ou le millésime. Le nom du vigneron? Allons, allons... n'y pensez même pas! C'est un peu comme si, sur la carte des desserts, on vous laissait le choix entre gâteau, glace ou tarte. Kèk'ya d'dans? Kinder surprise!
J'avais des envies de Bourgogne en cette fin de mardi. Il n'y avait que deux possibilités dans le budget que je m'étais fixé, un pinot noir vieilles vignes, ou un Passe-Tout-Grains. Connaissant moins bien les PTG, et en sachant qu'il était proposé à 18,90E, deux euros de moins que le Pinot, je me suis rué sur ce second choix.
L'apéro englouti et le plateau de krupuk sérieusement malmené, il est temps pour la serveuse d'apporter le col. Je goûte, et ça commence mal. Un peu mal à l'aise, mais sûr de mon fait, je constate un vilain goût de bouchon. Je demande tout de même l'avis de ma compagne à table, avant de gentiment remballer la bouteille, c'était imbuvable. On est pas là pour se rendre malade. Ce sont des choses qui arrivent, et la serveuse ne fait aucune histoire.
Puisque je suis têtu, je reste vissé sur mon Passe-Tout-Grains et je redemande la même chose en remplacement. C'est à ce moment-là que j'apprends qu'on est sur du 2002. Onze ans de vol, le pépère. Quand on sait qu'en général, ces Bourgognes légers sont à consommer jeunes, dans les 2-3 ans, on pourrait paniquer. Mais puisque je me fiche pas mal des stéréotypes, je me réjouis de cette chance qui m'est offerte, celle de décortiquer un ancêtre...
Premier soulagement, la bouteille est clean cette fois. Au nez, ça sent l'antiquaire: la terre, la cave, la poussière, le champignon, vaguement. Je vous jure que ce n'était pourtant pas désagréable. Le vin était juste très, très fermé. En bouche, premières gorgées, on a tout d'abord un rappel de ce qu'on vient de humer. "Pas top". Ensuite, on constate une acidité assez forte. "Si c'est du vinaigre, c'est du bon!" Il y a de la matière, une certaine charpente qui se dessine petit à petit. En mâchant le vin, plusieurs secondes, les notes de fruits commencent à poindre. Ces notes de cerise prennent pleinement le contrôle en fin de bouche. "Sympa!" Finale courte.
Donc, en résumé, si on se contente de boire simplement, qu'on avale rapidement ses lampées, on trouvera ça assez moche, voire passé. En revanche, si on fait tourner en bouche, on va tranquillement réveiller le fruit pour profiter des caractéristiques du Pinot Noir saupoudré de Gamay. A 10-15 secondes la gorgée, ce vieux Passe-Tout-Grains n'est pas pour les gens pressés. Ça tombe bien, je mange très lentement. Et j'en suis récompensé. Le vin ne va pas cesser de s'ouvrir tout au long du repas. A chaque verre, le temps nécessaire pour appeler la cerise diminue, la finale s'allonge, le nez devient plus aéré, plus franc, presque sexy. Il aura fallu deux heures pour que ce vin me livre tous ses secrets. Si j'avais su, j'aurais demandé à ce qu'on me le carafe.
Ce n'est pas un grand vin en définitive, et il était certainement très différent dix ans plus tôt, mais le fait d'avoir pris le temps de communiquer avec lui me l'a fait apprécier pleinement, et c'est ce qui compte.
Une bien belle expérience, en tout cas. Aucun regret. Je n'ai aucune information sur l'état sanitaire de la cave du restaurant, et étant donné la première bouteille bouchonnée, on peut penser que ces flacons n'ont pas été conservées de façon optimale, et donc qu'il doit y avoir des différences assez marquées d'une bouteille à l'autre, pour ceux qui voudraient tenter l'aventure au China Town, à Verviers, place verte. Très bonne fondue chinoise, soit dit en passant. Ce sera toujours ça de pris si vous n'avez pas la même chance que moi au tirage!
Pas de note globale cette fois. Je suis totalement incapable de noter ce flacon. Tantôt 51, tantôt 75, selon que je pense à l'analyse organoleptique ou au plaisir éprouvé. La vérité se situe sans doute au milieu.
Pas de site non plus à vous proposer, le domaine semble avoir disparu de la circulation!
Vous le savez certainement, la carte des vins dans les restaurants asiatiques de la région nous laisse souvent l'embarras du choix, voire dans l'embarras tout court. On y trouve de tout, un tas d'appellations, mais souvent sans aucune précision concernant le domaine ou le millésime. Le nom du vigneron? Allons, allons... n'y pensez même pas! C'est un peu comme si, sur la carte des desserts, on vous laissait le choix entre gâteau, glace ou tarte. Kèk'ya d'dans? Kinder surprise!
J'avais des envies de Bourgogne en cette fin de mardi. Il n'y avait que deux possibilités dans le budget que je m'étais fixé, un pinot noir vieilles vignes, ou un Passe-Tout-Grains. Connaissant moins bien les PTG, et en sachant qu'il était proposé à 18,90E, deux euros de moins que le Pinot, je me suis rué sur ce second choix.
L'apéro englouti et le plateau de krupuk sérieusement malmené, il est temps pour la serveuse d'apporter le col. Je goûte, et ça commence mal. Un peu mal à l'aise, mais sûr de mon fait, je constate un vilain goût de bouchon. Je demande tout de même l'avis de ma compagne à table, avant de gentiment remballer la bouteille, c'était imbuvable. On est pas là pour se rendre malade. Ce sont des choses qui arrivent, et la serveuse ne fait aucune histoire.
Puisque je suis têtu, je reste vissé sur mon Passe-Tout-Grains et je redemande la même chose en remplacement. C'est à ce moment-là que j'apprends qu'on est sur du 2002. Onze ans de vol, le pépère. Quand on sait qu'en général, ces Bourgognes légers sont à consommer jeunes, dans les 2-3 ans, on pourrait paniquer. Mais puisque je me fiche pas mal des stéréotypes, je me réjouis de cette chance qui m'est offerte, celle de décortiquer un ancêtre...
Premier soulagement, la bouteille est clean cette fois. Au nez, ça sent l'antiquaire: la terre, la cave, la poussière, le champignon, vaguement. Je vous jure que ce n'était pourtant pas désagréable. Le vin était juste très, très fermé. En bouche, premières gorgées, on a tout d'abord un rappel de ce qu'on vient de humer. "Pas top". Ensuite, on constate une acidité assez forte. "Si c'est du vinaigre, c'est du bon!" Il y a de la matière, une certaine charpente qui se dessine petit à petit. En mâchant le vin, plusieurs secondes, les notes de fruits commencent à poindre. Ces notes de cerise prennent pleinement le contrôle en fin de bouche. "Sympa!" Finale courte.
Donc, en résumé, si on se contente de boire simplement, qu'on avale rapidement ses lampées, on trouvera ça assez moche, voire passé. En revanche, si on fait tourner en bouche, on va tranquillement réveiller le fruit pour profiter des caractéristiques du Pinot Noir saupoudré de Gamay. A 10-15 secondes la gorgée, ce vieux Passe-Tout-Grains n'est pas pour les gens pressés. Ça tombe bien, je mange très lentement. Et j'en suis récompensé. Le vin ne va pas cesser de s'ouvrir tout au long du repas. A chaque verre, le temps nécessaire pour appeler la cerise diminue, la finale s'allonge, le nez devient plus aéré, plus franc, presque sexy. Il aura fallu deux heures pour que ce vin me livre tous ses secrets. Si j'avais su, j'aurais demandé à ce qu'on me le carafe.
Ce n'est pas un grand vin en définitive, et il était certainement très différent dix ans plus tôt, mais le fait d'avoir pris le temps de communiquer avec lui me l'a fait apprécier pleinement, et c'est ce qui compte.
Une bien belle expérience, en tout cas. Aucun regret. Je n'ai aucune information sur l'état sanitaire de la cave du restaurant, et étant donné la première bouteille bouchonnée, on peut penser que ces flacons n'ont pas été conservées de façon optimale, et donc qu'il doit y avoir des différences assez marquées d'une bouteille à l'autre, pour ceux qui voudraient tenter l'aventure au China Town, à Verviers, place verte. Très bonne fondue chinoise, soit dit en passant. Ce sera toujours ça de pris si vous n'avez pas la même chance que moi au tirage!
Pas de note globale cette fois. Je suis totalement incapable de noter ce flacon. Tantôt 51, tantôt 75, selon que je pense à l'analyse organoleptique ou au plaisir éprouvé. La vérité se situe sans doute au milieu.
Pas de site non plus à vous proposer, le domaine semble avoir disparu de la circulation!
mardi 18 février 2014
Viré-Clessé blanc 2011, Delhaize Groupe, Mâconnais, Bourgogne
L'achat de vin en grande surface, ce n'est pas ma tasse de thé (ce serait dommage d'ailleurs, puisqu'on parle de vin)! Pourtant, c'est très amusant, voire grisant de se promener au milieu de ces centaines de bouteilles en provenance de tous horizons. Crus bourgeois, grands vins de Bourgogne, vins exotiques du Chili ou d'Argentine à des prix si bas qu'on se sent presque coupable de les laisser sur place. C'est de la poudre aux yeux, ni plus ni moins. Bien davantage de déceptions que de bonnes surprises, lors de mes achats en grande distribution. A moins de savoir réellement ce qu'on veut, en consultant au préalable les catalogues de nos chères enseignes. Emporter une bouteille chez Delhaize ou Carrefour, ça se prépare à l'avance. Parce qu'un achat impulsif sera décevant neuf fois sur dix, l'impact du marketing et des étiquettes est considérable. Vous n'avez pas non plus l'occasion de déguster le flacon convoité, sauf lors d'actions spéciales.
Les bons plans existent, mais ils sont noyés parmi de très mauvais.
Mais Delhaize a son propre labo, et donc son propre service de mise en bouteille, ce qui lui permet d'offrir des produits à prix très doux. Le jeu en vaut-il la chandelle? A mon avis "oui", mais uniquement si vous avez besoin de vins en quantité un peu plus importante, pour vos réceptions, vos repas entre copains... Rien ne vaut le travail pur du vigneron quand on souhaite vraiment se faire plaisir!
Concentrons-nous maintenant plus précisément sur ce Viré-Clessé... C'est une AOC toute jeune puisqu'elle n'est reconnue que depuis 1999. On n'y produit que du blanc, Chardonnay. Le nez est en retenue, assez conventionnel mais très agréable, à dominance de fruit légèrement acidulé, la pomme vient à l'esprit.
En bouche, je reste un peu sur ma faim quant à la complexité et la typicité du vin. C'est bon, c'est relativement bien équilibré, mais c'est très classique, presque sans âme. C'est assez gras, voire onctueux, un vin qui fait saliver, c'est pourquoi je m'interroge sur la quantité de sucre ajoutée par rapport à l'acidité perçue au nez mais assez ténue en bouche. Les étiquettes ne nous disent pas tout, elles sont là pour vendre!
La finale reste toutefois assez appréciable, et plus longue que ce que j'avais estimé étant donné les étapes précédentes. L'alcool ressort et réchauffe très légèrement la bouche au finish. Il n'y a pas d'élevage en fût donc on reste sur la même palette fruitée tout du long. Et hormis quelques petites notes dérangeantes mais fugaces lorsqu'on fait voyager le vin en bouche, c'est sympathique.
Pour terminer, je conseille de consommer ce vin assez frais, pour l'apéro par exemple, après élevage de quelques heures au frigo. Inutile de le conserver, il n'y a pas grand chose à aller chercher avec quelques années de plus. Mais un Bourgogne blanc, à 6,65E/bouteille, 5,32/bouteille si vous l'achetez par carton de six durant la foire aux vins en cours, moins la consigne (!), c'est cadeau.
Je vous présenterai un de ces jours l'offre Viré-Clessé de chez Colruyt en guise de comparaison, à votre avis... qui va l'emporter?
Delhaize Wine World
Ma note globale: 73/100
Les bons plans existent, mais ils sont noyés parmi de très mauvais.
Mais Delhaize a son propre labo, et donc son propre service de mise en bouteille, ce qui lui permet d'offrir des produits à prix très doux. Le jeu en vaut-il la chandelle? A mon avis "oui", mais uniquement si vous avez besoin de vins en quantité un peu plus importante, pour vos réceptions, vos repas entre copains... Rien ne vaut le travail pur du vigneron quand on souhaite vraiment se faire plaisir!
Concentrons-nous maintenant plus précisément sur ce Viré-Clessé... C'est une AOC toute jeune puisqu'elle n'est reconnue que depuis 1999. On n'y produit que du blanc, Chardonnay. Le nez est en retenue, assez conventionnel mais très agréable, à dominance de fruit légèrement acidulé, la pomme vient à l'esprit.
En bouche, je reste un peu sur ma faim quant à la complexité et la typicité du vin. C'est bon, c'est relativement bien équilibré, mais c'est très classique, presque sans âme. C'est assez gras, voire onctueux, un vin qui fait saliver, c'est pourquoi je m'interroge sur la quantité de sucre ajoutée par rapport à l'acidité perçue au nez mais assez ténue en bouche. Les étiquettes ne nous disent pas tout, elles sont là pour vendre!
La finale reste toutefois assez appréciable, et plus longue que ce que j'avais estimé étant donné les étapes précédentes. L'alcool ressort et réchauffe très légèrement la bouche au finish. Il n'y a pas d'élevage en fût donc on reste sur la même palette fruitée tout du long. Et hormis quelques petites notes dérangeantes mais fugaces lorsqu'on fait voyager le vin en bouche, c'est sympathique.
Pour terminer, je conseille de consommer ce vin assez frais, pour l'apéro par exemple, après élevage de quelques heures au frigo. Inutile de le conserver, il n'y a pas grand chose à aller chercher avec quelques années de plus. Mais un Bourgogne blanc, à 6,65E/bouteille, 5,32/bouteille si vous l'achetez par carton de six durant la foire aux vins en cours, moins la consigne (!), c'est cadeau.
Je vous présenterai un de ces jours l'offre Viré-Clessé de chez Colruyt en guise de comparaison, à votre avis... qui va l'emporter?
Delhaize Wine World
Ma note globale: 73/100
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