Je vous avais déjà détaillé il y a bien longtemps un des rouges de ce domaine, la cuvée Baptiste, il est temps maintenant de vous parler d'un des blancs, mon chouchou de la gamme sur 2012, le Viognier. C'est un vin que j'ai pu déguster à plusieurs reprises dans des contextes très variés: seul, en famille, sur un marché de noël... donc en été ou en hiver, à différentes températures et dans divers contenants. Aucune bouteille ne m'a déçu. Mieux, ce vin m'a toujours fait ressentir quelque chose. Sa bouche expressive et sa finale persistante me donnent l'image d'une compagnie rassurante, solide. A dix euros, comme dirait feu Patrick Roy, c'est le juste prix!
Le vin se présente en pleine forme à l'ouverture de la bouteille, le nez agréable exprime d'emblée des arômes floraux (lilas) et des notes fruitées rappelant la pêche, assez typique du cépage. En bouche, je constate une onctuosité conséquente, mais qui est aussitôt contrebalancée par une acidité vive, presque tranchante. La rétro-olfaction délivre des parfums similaires à ceux du nez, de manière assez extravertie aussi. La finale est aguicheuse, d'une belle longueur, l'alcool réchauffe légèrement le gosier et aucune amertume à signaler. Lors de ce finish on sent l'acidité s'atténuer au profit de la gourmandise. Voici donc un vin très équilibré, facile à comprendre. J'aime le boire pour lui-même ou en guise d'apéro. Mais nul doute qu'un rouget ou une sole pourrait s'entendre avec lui.
Si la bouche a peu bougé sur 24 heures, hormis pour proposer une finale un peu plus complexe et vaguement briochée, le nez a davantage basculé vers le côté floral, voire sur des notes de cire avec une touche sanguine. Ceci laisse présager d'un potentiel de garde de quelques années, bien qu'il est plus qu'intéressant d'en profiter dès maintenant pour son fruit.
Ma note globale: 87/100
Présentation de bouteilles en provenance du monde entier par un simple amateur passionné, sans langue de bois ni parti pris.
mercredi 31 décembre 2014
jeudi 20 novembre 2014
Baron de L 2000, blanc, Château du Nozet, Ladoucette, Pouilly-Fumé
Bien que ce ne soit pas mon appellation favorite en Loire, il me tardait de rencontrer ce mythe de Pouilly-Fumé, à défaut de pouvoir m'offrir ceux de Didier Daguenau. En effet, bien que j'ai eu la grande chance de me procurer ce Ladoucette à bon prix chez un particulier que je ne remercierai jamais assez, il faut compter 50 à 60 euros pour cette cuvée prestige du Château du Nozet, contre 90euros pour du Daguenau. Est-ce justifié? En me basant sur la dégustation qui suit, non.
A l'ouverture, un nez en mode massepain, sur l'amande. C'est magnifique, j'ai l'impression de humer les pâtisseries que nous avons préparé le week-end dernier. Malheureusement, ce parfum disparaîtra très rapidement, je ne sais pas pourquoi. Le nez se révélera malgré tout d'une belle complexité, pointe d'agrumes (pamplemousse), une dimension florale, pas de cassis ou de pipi de chat à l'horizon. En bouche, toujours lors des premiers verres, une jolie trame acide mène le bal tout du long, je retrouve de légères notes herbacées mais raffinées du sauvignon en rétro-olfaction, c'est donc encore très vif après 14 ans de bouteille. La finale est d'une très bonne longueur et rappelle les champignons des bois. La minéralité? La pierre à fusil? Si il y en avait, je suis passé à côté. C'est bon et bien fait, mais ça ne me transcende pas outre mesure et ne me fait pas voyager en esprit jusqu'à Pouilly-sur-Loire. Ça me rappelle par certains côtés un excellent Quincy (12-13 euros) que j'ai dégusté il y a quelques mois que je n'ai pas pu vous présenter parce que je n'en ai pas pris de notes, j'irai en rechercher. ;-)
Une bonne surprise m'attendra le lendemain, toutefois. Si le nez a peu bougé, la bouche s'est transformée. L'acidité est moins dominante, je constate davantage d'onctuosité et de gourmandise, même la finale est plus douce. En fait, je retrouve davantage ce que j'attends d'un Pouilly-Fumé après cette journée d'ouverture. J'aime les deux versions, la vive et la gourmande. J'ai donc presque l'impression d'avoir eu deux vins en une bouteille. Mais le tout vaut 20 euros, pas 50, ceci n'engageant que moi. Le millésime 2000 en Loire fut assez qualitatif, c'est donc une bouteille de très longue garde. Mais j'aimerais toutefois retenter l'expérience sur un millésime plus jeune pour me faire un avis plus tranché sur ce Baron de L.
Je n'ai pas de boutique testée et approuvée à vous suggérer mais ce vin n'est pas introuvable en Belgique. En attendant, je vous propose une visite du site officiel de Ladoucette.
Ma note globale: 83/100
A l'ouverture, un nez en mode massepain, sur l'amande. C'est magnifique, j'ai l'impression de humer les pâtisseries que nous avons préparé le week-end dernier. Malheureusement, ce parfum disparaîtra très rapidement, je ne sais pas pourquoi. Le nez se révélera malgré tout d'une belle complexité, pointe d'agrumes (pamplemousse), une dimension florale, pas de cassis ou de pipi de chat à l'horizon. En bouche, toujours lors des premiers verres, une jolie trame acide mène le bal tout du long, je retrouve de légères notes herbacées mais raffinées du sauvignon en rétro-olfaction, c'est donc encore très vif après 14 ans de bouteille. La finale est d'une très bonne longueur et rappelle les champignons des bois. La minéralité? La pierre à fusil? Si il y en avait, je suis passé à côté. C'est bon et bien fait, mais ça ne me transcende pas outre mesure et ne me fait pas voyager en esprit jusqu'à Pouilly-sur-Loire. Ça me rappelle par certains côtés un excellent Quincy (12-13 euros) que j'ai dégusté il y a quelques mois que je n'ai pas pu vous présenter parce que je n'en ai pas pris de notes, j'irai en rechercher. ;-)
Une bonne surprise m'attendra le lendemain, toutefois. Si le nez a peu bougé, la bouche s'est transformée. L'acidité est moins dominante, je constate davantage d'onctuosité et de gourmandise, même la finale est plus douce. En fait, je retrouve davantage ce que j'attends d'un Pouilly-Fumé après cette journée d'ouverture. J'aime les deux versions, la vive et la gourmande. J'ai donc presque l'impression d'avoir eu deux vins en une bouteille. Mais le tout vaut 20 euros, pas 50, ceci n'engageant que moi. Le millésime 2000 en Loire fut assez qualitatif, c'est donc une bouteille de très longue garde. Mais j'aimerais toutefois retenter l'expérience sur un millésime plus jeune pour me faire un avis plus tranché sur ce Baron de L.
Je n'ai pas de boutique testée et approuvée à vous suggérer mais ce vin n'est pas introuvable en Belgique. En attendant, je vous propose une visite du site officiel de Ladoucette.
Ma note globale: 83/100
jeudi 13 novembre 2014
Hugo 2004, rouge, domaine Calvet-Thunevin, Côtes-du-Roussillon Villages
Un monstre de vin!
Cet "Hugo" fait partie des vins français les plus corsés qu'il m'ait été donné de déguster. Et je ne parle pas uniquement des 15% d'alcool (pour un 2004!), mais aussi de la foule de tanins et de l'impression de puissance qui émane de l'ensemble.
Ce nectar provient des alentours de Maury, où l'on ne produit pas que des vins mutés, la preuve avec ce Côtes-du-Roussillon Villages. Au commande, on retrouve l'équipe Thunevin qu'on connaît bien à Bordeaux avec le château Valandraud et un négoce très actif. Ils sévissent également dans le Roussillon depuis qu'ils se sont associé en 2001 à un viticulteur du cru, Jean-Roger Calvet.
La gamme se compose d'une cuvée nommée Constance, très largement distribuée et au très bon rapport qualité/prix parait-il, et de deux ou trois autres cuvées plus confidentielles, et par conséquent plus chères, dont celle que j'évoque pour vous ici-même. Composée à 70% de grenache, la Syrah et, si je ne m'abuse, le Carignan se partagent le reste du gâteau.
A l'ouverture, le nez exubérant et changeant est d'une complexité épatante. On part sur un tapis de fruits noirs bien mûrs, puis arrivent des notes à caractère oxydatif telle la noix. Une réglisse impressionante est perçue en rétro-olfaction. Des arômes de chocolat noir font également partie du bal, c'est pas Maury pour rien ici, c'est sans doute aussi un des signes de l'élevage en demi-muid extrêmement bien maitrisé. J'ai également perçu un soupçon de rose au fil du temps, et un caractère cerise mûre plus affirmé au fur et à mesure que le nez s'est stabilisé.
En bouche, c'est colossal. Un peu trop, d'ailleurs. Il y a des vins qui méritent d'être carafés, pour celui-ci c'est presque obligatoire. L'attaque est assez suave d'entrée, avant de se laisser embarquer par des tanins plutôt musclés, en tout cas très nombreux. Le vin gagne petit à petit en profondeur au fur et à mesure de la gorgée, et débouche sur une longue finale aromatiquement très agréable et à l'amertume prononcée, mais dominée par l'alcool qui chauffe la gorge. Le vin d'hiver par excellence. ;-) Evitez les sauces pimentées pour l'accompagner sous peine de sensations décuplées, préférez une sauce chocolatée sur une biche bien tendre, par exemple. Une bouteille qu'on ne peut glouglouter comme un gentil vin de copain, mais qu'il faut apprécier gorgée par gorgée, qui m'ont arraché quelques "wow" d'ailleurs, mais c'est tellement imposant que j'ai moi-même eu du mal à terminer mes premiers verres.
En guise de comparaison, j'ai pensé à ces personnes hyper-intéressantes qui ont un tas de choses à raconter et à vous apprendre, mais qui monopolisent le crachoir et finissent par vous saturer. Ceci dit, après une bonne douzaine d'heures d'ouverture, le tourbillon s'est calmé, l'alcool a trouvé sa place et j'ai pu apprécier un équilibre bien plus agréable sur la demi-bouteille restante. C'est pourquoi le carafage si vous êtes pressés ou l'ouverture lente si vous avez le temps, c'est essentiel. Dix ans de bouteille, il lui faut au moins ça pour s'exprimer dans toute sa complexité. C'est un pur vin de garde, d'ailleurs il tiendra probablement tout aussi bien jusque dans les années 20!
Je n'ai malheureusement pas d'adresse à vous suggérer en Belgique pour commander ce flacon, c'est l'occasion d'aller faire un tour dans le Roussillon, ou de visiter le site web du domaine, ou encore de vous rendre au Grand Tasting, salon organisé par Bettane et Dessauve à Paris fin novembre.
Ma note globale: 89/100
Cet "Hugo" fait partie des vins français les plus corsés qu'il m'ait été donné de déguster. Et je ne parle pas uniquement des 15% d'alcool (pour un 2004!), mais aussi de la foule de tanins et de l'impression de puissance qui émane de l'ensemble.
Ce nectar provient des alentours de Maury, où l'on ne produit pas que des vins mutés, la preuve avec ce Côtes-du-Roussillon Villages. Au commande, on retrouve l'équipe Thunevin qu'on connaît bien à Bordeaux avec le château Valandraud et un négoce très actif. Ils sévissent également dans le Roussillon depuis qu'ils se sont associé en 2001 à un viticulteur du cru, Jean-Roger Calvet.
La gamme se compose d'une cuvée nommée Constance, très largement distribuée et au très bon rapport qualité/prix parait-il, et de deux ou trois autres cuvées plus confidentielles, et par conséquent plus chères, dont celle que j'évoque pour vous ici-même. Composée à 70% de grenache, la Syrah et, si je ne m'abuse, le Carignan se partagent le reste du gâteau.
A l'ouverture, le nez exubérant et changeant est d'une complexité épatante. On part sur un tapis de fruits noirs bien mûrs, puis arrivent des notes à caractère oxydatif telle la noix. Une réglisse impressionante est perçue en rétro-olfaction. Des arômes de chocolat noir font également partie du bal, c'est pas Maury pour rien ici, c'est sans doute aussi un des signes de l'élevage en demi-muid extrêmement bien maitrisé. J'ai également perçu un soupçon de rose au fil du temps, et un caractère cerise mûre plus affirmé au fur et à mesure que le nez s'est stabilisé.
En bouche, c'est colossal. Un peu trop, d'ailleurs. Il y a des vins qui méritent d'être carafés, pour celui-ci c'est presque obligatoire. L'attaque est assez suave d'entrée, avant de se laisser embarquer par des tanins plutôt musclés, en tout cas très nombreux. Le vin gagne petit à petit en profondeur au fur et à mesure de la gorgée, et débouche sur une longue finale aromatiquement très agréable et à l'amertume prononcée, mais dominée par l'alcool qui chauffe la gorge. Le vin d'hiver par excellence. ;-) Evitez les sauces pimentées pour l'accompagner sous peine de sensations décuplées, préférez une sauce chocolatée sur une biche bien tendre, par exemple. Une bouteille qu'on ne peut glouglouter comme un gentil vin de copain, mais qu'il faut apprécier gorgée par gorgée, qui m'ont arraché quelques "wow" d'ailleurs, mais c'est tellement imposant que j'ai moi-même eu du mal à terminer mes premiers verres.
En guise de comparaison, j'ai pensé à ces personnes hyper-intéressantes qui ont un tas de choses à raconter et à vous apprendre, mais qui monopolisent le crachoir et finissent par vous saturer. Ceci dit, après une bonne douzaine d'heures d'ouverture, le tourbillon s'est calmé, l'alcool a trouvé sa place et j'ai pu apprécier un équilibre bien plus agréable sur la demi-bouteille restante. C'est pourquoi le carafage si vous êtes pressés ou l'ouverture lente si vous avez le temps, c'est essentiel. Dix ans de bouteille, il lui faut au moins ça pour s'exprimer dans toute sa complexité. C'est un pur vin de garde, d'ailleurs il tiendra probablement tout aussi bien jusque dans les années 20!
Je n'ai malheureusement pas d'adresse à vous suggérer en Belgique pour commander ce flacon, c'est l'occasion d'aller faire un tour dans le Roussillon, ou de visiter le site web du domaine, ou encore de vous rendre au Grand Tasting, salon organisé par Bettane et Dessauve à Paris fin novembre.
Ma note globale: 89/100
lundi 22 septembre 2014
Mazérac 2008, Domaine de la Bouysse, rouge, Corbières-Boutenac
C'est encore une sacrée perle que j'ai l'honneur de vous proposer cette fois. Pour présenter le domaine de la Bouysse, je laisse la parole aux propriétaires par l'intermédiaire de cette vidéoet via leur site officiel, ils font ça bien mieux que moi et en toute transparence.
En ce qui concerne le nom de cette cuvée, Mazérac, je me permet de les citer: "Pour la petite histoire, Mazérac est un nom de famille à priori originaire de la Dordogne, c'est également le nom de 5 localités situés dans le Tarn, le Tarn et Garonne, la Gironde et l'Aveyron. Pourtant le Mazérac de La Bouysse est le fruit d'une invention, il est né de la contraction du nom de famille "MAZERE", ancêtres de Martine et Christophe, le "AC" étant un rappel à "Boutenac"."
Avant d'entrer dans le vif du sujet, quelques détails sur la composition de ce vin: 80% Carignan, 20% Grenache, en provenance de vignes âgées de plus de 80 ans aux rendements assez modeste. Un élevage de 12 mois en barrique parachève l'œuvre.
Si je devais résumer ce vin en un mot, ce serait: charmeur. Ce nectar veut devenir mon ami et il me le fait savoir, à travers une fraîcheur étonnante en bouche pour un vin de cette région. "Ne m'avale pas tout de suite, prolonge le contact", me prie-t-il. Et en effet, lorsqu'on fait voyager un vin autour du palais pendant une dizaine de secondes, il fini souvent par perdre un peu de son éclat, il s'aplatit, l'alcool se ressent davantage. Or ici, que nenni, je peux conserver ce vin en bouche très longtemps tout en appréciant une belle tension, de la vivacité et de très jolis arômes de fruits bien mûrs. C'est intense et poignant. La finale n'est pas en reste non plus. Elle est très, très longue, et fait saliver de manière onctueuse et gourmande sur un mélange de notes vanillées et chocolatées, arômes d'élevage que j'avais identifié auparavant au premier nez. Beaucoup de richesse tout en étant très digeste, déjà rien que ça c'est remarquable. Manière aussi de vous dire que si ce vin est clairement d'une grande finesse, il n'est pas non plus dénué de puissance.
Parlons du nez, assez typique d'un grand Corbières complexe, il propose ce que le Languedoc a de mieux à offrir en compagnie d'un élevage parfaitement maîtrisé. Derrière la vanille apparaît une compotée de fruits noirs sur une tranche de pain d'épices, des éléments floraux que je suis toujours malheureusement incapable de nommer, je capte également par moment quelques notes minérales type pierres chaudes, c'est très fugace, une tendance qui pourrait peut-être s'accentuer avec quelques années de garde en cave. Aucun problème de potentiel de ce côté-là non plus! Il est sur son 31 quasi dès l'ouverture, et reste sans un pli plusieurs heures durant. Un vin ultra-complet, je ne vois pas trop ce qu'on pourrait lui demander de plus. Je vais d'ailleurs contacter le domaine pour les remercier de ce grand moment, j'avais de bonnes vibrations concernant cette cuvée, mais vraiment pas à ce point. Je n'ai pas peur de dire qu'on touche ici aux très grands vins!
Si Boutenac est plus restreint, L'appellation Corbières est vaste, on y trouve absolument de tout en terme de qualité, j'aurai l'occasion de vous parler d'autres jolies cuvées de par là-bas. Mais si vous avez déjà croisé comme moi des Corbières imbuvables à bas prix proposés par certains restaurants peu consciencieux et que vous en gardez une mauvaise image, vous devez impérativement goûter ceci!
Oh, j'allais oublier... 11,90 euros la quille... chez WorldwideWines... Un scandale! :-)
Pour terminer, la chose n'a pas échappé à la sagacité de Michel Smith, défenseur acharné de ce bon vieux Carignan. C'est à lire ici.
Ma note globale: 96/100
En ce qui concerne le nom de cette cuvée, Mazérac, je me permet de les citer: "Pour la petite histoire, Mazérac est un nom de famille à priori originaire de la Dordogne, c'est également le nom de 5 localités situés dans le Tarn, le Tarn et Garonne, la Gironde et l'Aveyron. Pourtant le Mazérac de La Bouysse est le fruit d'une invention, il est né de la contraction du nom de famille "MAZERE", ancêtres de Martine et Christophe, le "AC" étant un rappel à "Boutenac"."
Avant d'entrer dans le vif du sujet, quelques détails sur la composition de ce vin: 80% Carignan, 20% Grenache, en provenance de vignes âgées de plus de 80 ans aux rendements assez modeste. Un élevage de 12 mois en barrique parachève l'œuvre.
Si je devais résumer ce vin en un mot, ce serait: charmeur. Ce nectar veut devenir mon ami et il me le fait savoir, à travers une fraîcheur étonnante en bouche pour un vin de cette région. "Ne m'avale pas tout de suite, prolonge le contact", me prie-t-il. Et en effet, lorsqu'on fait voyager un vin autour du palais pendant une dizaine de secondes, il fini souvent par perdre un peu de son éclat, il s'aplatit, l'alcool se ressent davantage. Or ici, que nenni, je peux conserver ce vin en bouche très longtemps tout en appréciant une belle tension, de la vivacité et de très jolis arômes de fruits bien mûrs. C'est intense et poignant. La finale n'est pas en reste non plus. Elle est très, très longue, et fait saliver de manière onctueuse et gourmande sur un mélange de notes vanillées et chocolatées, arômes d'élevage que j'avais identifié auparavant au premier nez. Beaucoup de richesse tout en étant très digeste, déjà rien que ça c'est remarquable. Manière aussi de vous dire que si ce vin est clairement d'une grande finesse, il n'est pas non plus dénué de puissance.
Parlons du nez, assez typique d'un grand Corbières complexe, il propose ce que le Languedoc a de mieux à offrir en compagnie d'un élevage parfaitement maîtrisé. Derrière la vanille apparaît une compotée de fruits noirs sur une tranche de pain d'épices, des éléments floraux que je suis toujours malheureusement incapable de nommer, je capte également par moment quelques notes minérales type pierres chaudes, c'est très fugace, une tendance qui pourrait peut-être s'accentuer avec quelques années de garde en cave. Aucun problème de potentiel de ce côté-là non plus! Il est sur son 31 quasi dès l'ouverture, et reste sans un pli plusieurs heures durant. Un vin ultra-complet, je ne vois pas trop ce qu'on pourrait lui demander de plus. Je vais d'ailleurs contacter le domaine pour les remercier de ce grand moment, j'avais de bonnes vibrations concernant cette cuvée, mais vraiment pas à ce point. Je n'ai pas peur de dire qu'on touche ici aux très grands vins!
Si Boutenac est plus restreint, L'appellation Corbières est vaste, on y trouve absolument de tout en terme de qualité, j'aurai l'occasion de vous parler d'autres jolies cuvées de par là-bas. Mais si vous avez déjà croisé comme moi des Corbières imbuvables à bas prix proposés par certains restaurants peu consciencieux et que vous en gardez une mauvaise image, vous devez impérativement goûter ceci!
Oh, j'allais oublier... 11,90 euros la quille... chez WorldwideWines... Un scandale! :-)
Pour terminer, la chose n'a pas échappé à la sagacité de Michel Smith, défenseur acharné de ce bon vieux Carignan. C'est à lire ici.
Ma note globale: 96/100
Tannat Viejo 2007, H. Stagnari, rouge, Uruguay
Une petite vidéopour se mettre dans l'ambiance?
Mettons le cap vers un pays de l'hémisphère Sud pour un mini-trip en Uruguay. La bodega Stagnari se situe dans la région de Salto, pas très loin de la frontière avec l'Argentine, si je ne m'abuse. Après des études d'œnologie en France, Hector Stagnari revient au pays en emportant dans ses bagages des clones de tannat en provenance de Madiran. Ce cépage est assez populaire dans ces pays d'Amérique du Sud, en Uruguay évidemment mais aussi au Brésil, par exemple. Il commence même à faire une percée en Argentine sans toutefois encore concurrencer le Malbec. Le domaine produit un très grand nombre de cuvées, des rouges, des blancs, ainsi que des bulles qu'ils qualifient de champagne sur leur site internet, mais heureusement pour eux, pas sur leurs étiquettes. ;-) Déjà très respecté sur le plan mondial, la maison est assez fière de cette reconnaissance et le fait savoir sur ses bouteilles, comme vous pouvez le constater.
Le nez est moyennement expressif, sur des notes intrigantes de chocolat, chocolat au lait je dirais même, de figues et de plantes que je ne saurais nommer. Peu de fruit, même à l'agitation, par contre il apparaîtra nettement sous forme de fraises en bouche en rétro-olfaction, de manière assez éclatante après quelques heures d'aération.
La bouche, parlons-en, propose une attaque assez douce, l'acidité est perceptible mais modeste. Le milieu de bouche révèle une étonnante profondeur, comme si le nectar choisissait de se décomplexer totalement après avoir fait montre d'une certaine réserve dans un premier temps, genre "j'me lance, allez, tant pis!" Du coup, ça envoie pas mal de matière, les tannins sont bien présents mais vraiment très enrobés, presque caressants. La finale est d'une très belle longueur, à nouveau sur cette amertume chocolatée. Un rouge qui affrontera sans trembler une bonne pièce de viande goûtue même si elle est bien relevée (vous me voyez venir avec mon bœuf argentin, ou brésilien, au poivre noir?) L'équilibre est tel qu'on en oublierait presque les 14,quelques% d'alcool.
Un vin étonnant, et original, très bien fait. Typicité et complexité, ce sont de sacrés bons points en sa faveur. Costaud sans être brut, puissant sans être rugueux. En pleine forme après 7 ans. Le prix de 14 euros pour une bouteille si exotique me semble plus que raisonnable! J'ai goûté trop peu de madirans pour tenter une comparaison avec un 100% tannat français, et il s'agit de mon premier vin uruguayen. Je peux juste vous dire que c'est bon en tant que tel, et à tester si vous êtes curieux, ça vaut franchement la peine!
Si il en reste, vous en trouverez chez Worldwidewines, où Manu de Rijcke propose un tour du monde vinicole en bouteilles très pertinent.
Et tant que j'y suis, je vous propose un lien vers le site de la bodega.
Ma note globale: 87/100
Mettons le cap vers un pays de l'hémisphère Sud pour un mini-trip en Uruguay. La bodega Stagnari se situe dans la région de Salto, pas très loin de la frontière avec l'Argentine, si je ne m'abuse. Après des études d'œnologie en France, Hector Stagnari revient au pays en emportant dans ses bagages des clones de tannat en provenance de Madiran. Ce cépage est assez populaire dans ces pays d'Amérique du Sud, en Uruguay évidemment mais aussi au Brésil, par exemple. Il commence même à faire une percée en Argentine sans toutefois encore concurrencer le Malbec. Le domaine produit un très grand nombre de cuvées, des rouges, des blancs, ainsi que des bulles qu'ils qualifient de champagne sur leur site internet, mais heureusement pour eux, pas sur leurs étiquettes. ;-) Déjà très respecté sur le plan mondial, la maison est assez fière de cette reconnaissance et le fait savoir sur ses bouteilles, comme vous pouvez le constater.
La bouche, parlons-en, propose une attaque assez douce, l'acidité est perceptible mais modeste. Le milieu de bouche révèle une étonnante profondeur, comme si le nectar choisissait de se décomplexer totalement après avoir fait montre d'une certaine réserve dans un premier temps, genre "j'me lance, allez, tant pis!" Du coup, ça envoie pas mal de matière, les tannins sont bien présents mais vraiment très enrobés, presque caressants. La finale est d'une très belle longueur, à nouveau sur cette amertume chocolatée. Un rouge qui affrontera sans trembler une bonne pièce de viande goûtue même si elle est bien relevée (vous me voyez venir avec mon bœuf argentin, ou brésilien, au poivre noir?) L'équilibre est tel qu'on en oublierait presque les 14,quelques% d'alcool.
Un vin étonnant, et original, très bien fait. Typicité et complexité, ce sont de sacrés bons points en sa faveur. Costaud sans être brut, puissant sans être rugueux. En pleine forme après 7 ans. Le prix de 14 euros pour une bouteille si exotique me semble plus que raisonnable! J'ai goûté trop peu de madirans pour tenter une comparaison avec un 100% tannat français, et il s'agit de mon premier vin uruguayen. Je peux juste vous dire que c'est bon en tant que tel, et à tester si vous êtes curieux, ça vaut franchement la peine!
Si il en reste, vous en trouverez chez Worldwidewines, où Manu de Rijcke propose un tour du monde vinicole en bouteilles très pertinent.
Et tant que j'y suis, je vous propose un lien vers le site de la bodega.
Ma note globale: 87/100
mercredi 10 septembre 2014
Savigny-Les-Beaune 2010, rouge, domaine Jacob-Mauclair, Bourgogne
Offrons-nous encore un petit intermède en Bourgogne, si vous le voulez bien. C'est lors du salon à Remouchamps que j'ai flashé pour celui-ci. Non, tout n'est pas forcément hors de prix dans cette charmante région. Nous sommes ici davantage dans la catégorie des vins, si pas de tous les jours, disons de la semaine. Nous tournons autour de 10 euros la bouteille, great value for the money! On remarquera l'aval sous forme de médaille des Chevaliers du Tastevin, si c'est pas beau, ça!
Un nez assez réservé, pas très bavard même après agitation, plus vineux que le Nuits-saint-Georges précédemment évoqué, moins complexe et moins élégant mais il y a tout de même du fruit rouge qui émerge, la cerise surtout, rejointe par de la myrtille après une bonne heure d'aération.
En bouche, une acidité assez marquée qui porte joliment un jus très épuré, une impression de légèreté et de souplesse tout autour du palais, les tannins sont relativement peu nombreux et bien disciplinés, l'alcool est ressenti un peu plus lors d'une finale tonique d'une longueur assez surprenante, sur une cerise bien juteuse. Ça pinote à donf et c'est tout en crescendo!
Un vin généreux avec beaucoup de caractère, qui ne cherche pas à jouer au plus fin mais qui me donne beaucoup de plaisir et qui se boit goulument. Il n'est pas reconnaissable entre milles à mon avis, mais se débrouille bien pour représenter très correctement ce qu'on peut attendre de l'appellation Savigny-lès-Beaune.
Il ne semble pas y avoir de site officiel pour ce domaine assez discret sur internet, je vous renvoie donc à leurs coordonnées. Mais vous les retrouverez probablement au salon des vins de Remouchamps au printemps 2015. ;-)
Ma note globale: 85/100
Un nez assez réservé, pas très bavard même après agitation, plus vineux que le Nuits-saint-Georges précédemment évoqué, moins complexe et moins élégant mais il y a tout de même du fruit rouge qui émerge, la cerise surtout, rejointe par de la myrtille après une bonne heure d'aération.
En bouche, une acidité assez marquée qui porte joliment un jus très épuré, une impression de légèreté et de souplesse tout autour du palais, les tannins sont relativement peu nombreux et bien disciplinés, l'alcool est ressenti un peu plus lors d'une finale tonique d'une longueur assez surprenante, sur une cerise bien juteuse. Ça pinote à donf et c'est tout en crescendo!
Un vin généreux avec beaucoup de caractère, qui ne cherche pas à jouer au plus fin mais qui me donne beaucoup de plaisir et qui se boit goulument. Il n'est pas reconnaissable entre milles à mon avis, mais se débrouille bien pour représenter très correctement ce qu'on peut attendre de l'appellation Savigny-lès-Beaune.
Il ne semble pas y avoir de site officiel pour ce domaine assez discret sur internet, je vous renvoie donc à leurs coordonnées. Mais vous les retrouverez probablement au salon des vins de Remouchamps au printemps 2015. ;-)
Ma note globale: 85/100
samedi 6 septembre 2014
Nuits-Saint-Georges Premier Cru 2006, rouge, Domaine Michel Gros, Bourgogne
J'aime voyager le temps d'une bouteille à travers des zones viticoles méconnues, toujours en recherche de nouvelles sensations. Mais j'ai bien évidemment des ports d'attache, des fils rouges en quelque sorte, et la Bourgogne en fait partie. D'autant plus que c'est dans cette région (Beaune, Rully, Meursault...) que j'ai effectué mon premier réel voyage oenotouristique cette année, quatre jours de mai en immersion totale dans le monde du vin. Enfin totale, pas tout à fait, j'ai échappé au pigeage à la bourguignonne. ;-) Visite de plusieurs domaines, d'une tonnellerie, d'un magasin d'article viticole, accords mets/vins avec la gastronomie locale... Une organisation aux petits oignons orchestrée par notre prof oenologue Pierre Christman. Bref, un rêve éveillé!
La première visite s'est déroulée dans les installations du domaine Michel Gros, à Vosne-Romanée. La famille Gros, présente depuis plusieurs générations dans la région, a vu ses propriétés s'étendrent, jusqu'à se décliner sur quatre domaines autonomes aujourd'hui, ce qui peut prêter à confusion. Le plus connu étant certainement le domaine Anne Gros, il y a également les domaines Gros frères et soeurs à Pomard et le domaine Anne-Françoise Gros. La galère pour s'y retrouver, surtout que la Bourgogne étant de taille modeste, on identifie des vins en diverses appellations pour chaque domaine. A se demander comment les vendangeurs se débrouillent pour ne pas récolter les raisins du voisin. ;-)
La visite fut aussi instructive que goûtue! Des vins d'une qualité remarquable, d'une grande finesse, sans exception. Des nez vraiment très réussi, j'ai souvent comparé ce vigneron à un parfumeur en dégustant les échantillons qui nous ont été présentés au caveau. La particularité du domaine, c'est un monopole en Vosne-Romanée Premier Cru, le Clos des Réas. Mais c'est sur du très lourd que j'ai craqué en terme d'achat, ce Nuits-Saint-Georges m'est apparu d'une profondeur extrême et d'une grande puissance. Il s'agit d'un premier cru dont la parcelle n'est pas indiquée sur la bouteille, tout simplement parce qu'il y en a deux: Les Vignerondes et Les Murgers. Le tout sur 0.27 hectares, ce qui doit donner bien peu de bouteilles par an.
Au nez, c'est tout d'abord un peu citronné, un peu poivré aussi, avant de laisser apparaître un cocktail de fruits dominé par la myrtille et la framboise. Un nez captivant comme tout bourgogne qui se respecte, complexe et harmonieux, un ensemble si bien fondu qu'il n'est pas aisé d'identifier chaque composant séparément. Le bois est encore perceptible, mais de manière subtile pour apporter un peu d'épices à ce bouquet parfumé. Expressif et avenant quasi dès l'ouverture de la bouteille, j'aime!
Mais c'est surtout pour la bouche et sa structure stratosphérique que j'avais craqué lors de la dégustation in situ, et je suis un peu frustré au premier verre de ce côté-là. La matière y est, aucun doute là-dessus, une belle acidité bien dosée tout du long, et des tannins en nombre records, le vin se mâche presque. Jamais expérimenté ça sur un pinot noir. L'alcool est présent aussi sans en faire trop. Bref tout le monde est là mais de petits groupes se forment et ils papotent chacun dans leur coin plutôt que de tenir un discours uni. Une matière énorme donc, sans être envahissante pour autant, ça reste très savoureux. La finale est d'une longueur impressionante, toujours à dominante de fruits noirs. Le genre de vin qu'on boit lentement et avec attention, qu'on admire, qu'on respecte, qu'on vénère presque. Je suis juste un peu triste de ne pas avoir à nouveau ressenti cette magie, cette symbiose parfaite qui m'avais fait décoller du sol là-bas. L'enthousiasme d'être sur place? Je ne pense pas. Un voyage qui aurait un peu perturbé ce fragile équilibre? Peut-être. L'acidité me semblait un peu plus importante lors de ma première rencontre avec ce vin, c'est peut-être elle qui dynamisait et coordonnait l'ensemble. Je ne sais pas. Mais quoi qu'il en soit, ça reste une bouteille exceptionelle. Elle n'a pas bougé d'un poil sur deux jours ce qui m'a laissé tout le temps de l'ausculter en long et en large.
Le meilleur moyen de vous procurer cette potion magique, c'est d'aller sur place. Vous y serez assurément bien reçu. Vous trouverez les coordonnées sur le site internet de la propriété en cliquant ici
La gamme est très vaste, on y trouve des vins à prix plus doux mais pour celui-ci il vous faudra débourser environ 46 euros, ce qui est relativement raisonnable pour du premier cru en Nuits-Saint-Georges!
Ma note globale: 92/100
La première visite s'est déroulée dans les installations du domaine Michel Gros, à Vosne-Romanée. La famille Gros, présente depuis plusieurs générations dans la région, a vu ses propriétés s'étendrent, jusqu'à se décliner sur quatre domaines autonomes aujourd'hui, ce qui peut prêter à confusion. Le plus connu étant certainement le domaine Anne Gros, il y a également les domaines Gros frères et soeurs à Pomard et le domaine Anne-Françoise Gros. La galère pour s'y retrouver, surtout que la Bourgogne étant de taille modeste, on identifie des vins en diverses appellations pour chaque domaine. A se demander comment les vendangeurs se débrouillent pour ne pas récolter les raisins du voisin. ;-)
La visite fut aussi instructive que goûtue! Des vins d'une qualité remarquable, d'une grande finesse, sans exception. Des nez vraiment très réussi, j'ai souvent comparé ce vigneron à un parfumeur en dégustant les échantillons qui nous ont été présentés au caveau. La particularité du domaine, c'est un monopole en Vosne-Romanée Premier Cru, le Clos des Réas. Mais c'est sur du très lourd que j'ai craqué en terme d'achat, ce Nuits-Saint-Georges m'est apparu d'une profondeur extrême et d'une grande puissance. Il s'agit d'un premier cru dont la parcelle n'est pas indiquée sur la bouteille, tout simplement parce qu'il y en a deux: Les Vignerondes et Les Murgers. Le tout sur 0.27 hectares, ce qui doit donner bien peu de bouteilles par an.
Au nez, c'est tout d'abord un peu citronné, un peu poivré aussi, avant de laisser apparaître un cocktail de fruits dominé par la myrtille et la framboise. Un nez captivant comme tout bourgogne qui se respecte, complexe et harmonieux, un ensemble si bien fondu qu'il n'est pas aisé d'identifier chaque composant séparément. Le bois est encore perceptible, mais de manière subtile pour apporter un peu d'épices à ce bouquet parfumé. Expressif et avenant quasi dès l'ouverture de la bouteille, j'aime!
Mais c'est surtout pour la bouche et sa structure stratosphérique que j'avais craqué lors de la dégustation in situ, et je suis un peu frustré au premier verre de ce côté-là. La matière y est, aucun doute là-dessus, une belle acidité bien dosée tout du long, et des tannins en nombre records, le vin se mâche presque. Jamais expérimenté ça sur un pinot noir. L'alcool est présent aussi sans en faire trop. Bref tout le monde est là mais de petits groupes se forment et ils papotent chacun dans leur coin plutôt que de tenir un discours uni. Une matière énorme donc, sans être envahissante pour autant, ça reste très savoureux. La finale est d'une longueur impressionante, toujours à dominante de fruits noirs. Le genre de vin qu'on boit lentement et avec attention, qu'on admire, qu'on respecte, qu'on vénère presque. Je suis juste un peu triste de ne pas avoir à nouveau ressenti cette magie, cette symbiose parfaite qui m'avais fait décoller du sol là-bas. L'enthousiasme d'être sur place? Je ne pense pas. Un voyage qui aurait un peu perturbé ce fragile équilibre? Peut-être. L'acidité me semblait un peu plus importante lors de ma première rencontre avec ce vin, c'est peut-être elle qui dynamisait et coordonnait l'ensemble. Je ne sais pas. Mais quoi qu'il en soit, ça reste une bouteille exceptionelle. Elle n'a pas bougé d'un poil sur deux jours ce qui m'a laissé tout le temps de l'ausculter en long et en large.
Le meilleur moyen de vous procurer cette potion magique, c'est d'aller sur place. Vous y serez assurément bien reçu. Vous trouverez les coordonnées sur le site internet de la propriété en cliquant ici
La gamme est très vaste, on y trouve des vins à prix plus doux mais pour celui-ci il vous faudra débourser environ 46 euros, ce qui est relativement raisonnable pour du premier cru en Nuits-Saint-Georges!
Ma note globale: 92/100
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