Après une petite dégustation malheureusement pas très convaincante au Delhaize verviétois vendredi (bon, si vous insistez, je vous filerai un ou deux tuyaux mais je n'en ai pas plus...), j'avais un meilleur feeling concernant la sacro-sainte dégustation Cora, à Rocourt, dimanche dernier, veille de l'ouverture de leur foire aux vins proprement dite avec des promos à gogo pas que pour ceux du même nom. Et je n'ai pas été déçu! C'est en tout cas une très belle organisation bien huilée, le catalogue des vins proposés lors de cette dégustation téléchargeable à l'avance permet de préparer son itinéraire tranquillement avant le jour J, mais cela reste malgré tout un vrai concours contre la montre. 250 vins disponibles, un monde de dingue, et 2H30 pour faire le tour, pas une minute de plus. Dommage. J'avais réduit les effectifs au tiers, mais j'ai manqué de temps pour les régions du Rhône, de Bourgogne et d'Alsace. Les satisfactions n'ont pas manqué ailleurs, et de nombreux vignerons ou représentants des domaines étaient disposés à parler de leurs cuvées malgré la foule. Je n'avais pas le temps de prendre des notes détaillées donc je ne décrirai que très vaguement les vins ci-dessous, mais je ne partage avec vous que ceux qui sortent clairement du lot. Bref, entrons dans le vif du sujet! On peut commander les vins suivants en ligne sur Corawine mais avec obligation d'en acheter 6 minimum, il est donc préférable d'aller se fournir sur place, à condition qu'il en reste...
1. Le domaine Fabrègues en Languedoc: J'ai adoré les rouges: Le Mas 2012 à 6,29 EUR, aux arômes de cassis et ses tanins souples, mais surtout La Villa 2012 à 7,99 EUR, encore plus fin et velouté. Des rapports qualité/prix comme je les aime dans cette région.
2. Le Clos des Clapisses: J'ai retenu le Clos des Clapisses blanc 2014 à 7,99 EUR, Coteaux du Salagou, léger, frais et surprenant. La fiche conseille une dégustation à 7°C, c'est trop bas... je vous met les glaçons, en plus?
3. Les Vignerons de Buzet (Sud-Ouest): Baron d'Albret blanc 2014 à 4,55 EUR.
Sauvignon et Sémillon, un grand classique qui ne m'a pas laissé de marbre, doux pour le porte-monnaie.
L'Intact rouge 2014 à 4,99 EUR ne m'a pas époustouflé mais c'est bien fait, sur le fruit, et sans sulfites ajoutés, ça mérite d'être souligné.
4. Château Beauregard 2012 Pomerol à 29,99 EUR: Je n'ai pas à vous présenter celle-ci, juste vous dire que c'est une grande bouteille. Si vous en avez les moyens, ne vous privez surtout pas, c'est vraiment joli.
5. Château Grand Mayne 2012 Saint-Emilion GCC à 30,99 EUR: Idem! C'est pas donné, mais c'est mon favori de ce dimanche en rouge. Tout ce qu'on attend d'un Saint-Emilion, avec une profondeur impressionante. 2012 me plait décidément beaucoup à Bordeaux, j'y trouve même souvent plus de satisfaction qu'avec les 2010. Si j'étais Parker, j'en ferais bien mon 1982...
6. Château Branas-Grand-Poujeaux 2012 Moulis-en-Médoc à 24,59 EUR: C'est son expressivité qui m'a plu, un peu de floral et de végétal ajoutant à sa complexité, et une finale très longue. Il m'a bien plus marqué que le Château Villemaurine 2012 à la même table coté à 32,50 EUR, preuve s'il en est encore besoin que le prix ne fait pas tout...
7. Château La Louvière blanc 2012, Pessac-Léognan à 19,99 EUR. Bon, ça c'est la bouteille du jour, rouge et blanc confondus. Il y a pas mal de jolis Pessac blancs proposés chez Cora (Le Château Baret est un excellent rapport q/P, le Château Olivier est sympa mais plus cher, le Château de Rouillac étant le seul qui ne m'a pas convaincu). Mais ce La Louvière est, à mon goût, hors compétition. Nez somptueux, bouche structurée, un vin très complet qui ne craint pas les années (je suis toujours sous le charme d'un 1998 dégusté il y a quelques mois). J'en veux!
8. Château Kirwan 2012, Margaux 3eGCC à 32,99 EUR. Si il semble un peu racoleur au premier abord avec son boisé coco au nez, on se rend vite compte en bouche que ce vin a énormément à offrir à présent mais qu'il en donnera bien davantage si on lui laisse quelques années pour digérer son élevage. La finale est interminable. En terme de troisième GCC, je le préfère aisément à Giscours.
9. Greco Bianco 2014, Ciro DOC, Ippolito 1845 à 5,49 EUR. Quittons la luxure bordelaise pour l'Italie. Franchement, à ce prix-là, c'est pas mal. Un blanc de Calabre plutôt fruité, qui démarre pourtant par un petit creux en bouche mais qui propose une finale de longueur surprenante. Le vin rouge de ce producteur a également retenu mon attention pour son côté sombre et son caractère affirmé.
10. Fiorenza 2013, Barbera d'Alba, Paolo Manzone à 6,99 EUR. C'est un peu le seul vin qui m'a attiré dans la gamme Manzone, à vrai dire, pour son nez très original de baies rouges et pour la bouche tonique et souple liée à ce cépage. J'attendais beaucoup du Roero Arneis blanc que j'ai trouvé trop suave et lourd, le Barbaresco était assez maigre et astringeant tandis que le Barolo était honorable pour le prix mais bien loin de la richesse qu'on trouve chez ces grands colosses du Piémont.
11. Casajus Vendimia seleccionada 2012, Ribera del Duero, Bodegas J.A.Calvo à 12,99. Un Tempranillo espagnol "old school" avec des notes de myrtille et de bois noble, la bouche est structurée et la finale est très longue. Excellent!
12. Quinta do Cardo 2012, Touriga National Reserva à 9,45. Un petit ovni assurément, c'est gorgé de soleil, c'est un peu sirupeux parce qu'il reste à mon avis une petite dizaine de grammes de sucres résiduels, le boisé va se fondre avec le temps et la structure tannique est bien affirmée. Un vin à oublier 7-8 ans au fond de la cave qui pourrait nous étonner. Disons que c'est le joker de la sélection.
13. Saviatiano blanc 2014, Mylonas, IGP Attiki à 8,49 EUR. Un blanc sec et grec pour terminer ce petit voyage, très satisfaisant, je le tenterai bien pour accompagner mes prochaines moules!
Ca y est, à vous de jouer!
Présentation de bouteilles en provenance du monde entier par un simple amateur passionné, sans langue de bois ni parti pris.
jeudi 8 octobre 2015
mercredi 12 août 2015
Kayra Vintage Okuzgozu Single Vineyard 2010, rouge, Daniel O'Donnell, Turquie
(dégustation aux environs du 20 mars, en lien avec un autre vin de ce cépage évoqué précédemment sur ce blog.)
Une multitude de signes extérieurs semblent démontrer un niveau plus élevé sur cette cuvée que l'on pourrait qualifier de parcellaire, en tout cas elle provient d'un seul vignoble alors que les cuvées de base de ces producteurs conséquents sont généralement le résultat d'assemblages de leurs divers sites de production. 12.000 cols sur le marché, bouteille plus massive, bouchon un poil plus long, étiquette travaillée, prix doublé... poudre aux yeux ou réelle implication? La réponse dans le verre!
Le premier nez est très boisé. Et là il y a du vut nouveau, ça ne fait aucun doute. Je capte un soupçon de truffe, et la gamme épicée que j'avais rencontré dans le premier vin est ici plus nette, plus franche. Les fruits noirs sont tapis dans l'ombre, une forte agitation les trahira, mais au contraire du 2012 je suis presque certain qu'ils vont se dérider au fil du temps.
En bouche, je retrouve des sensations similaires avec une acidité avenante, un alcool toujours aussi bien intégré malgré le degré supplémentaire affiché (14%), c'est par contre bien plus tannique. Un beau grain, toutefois. Pour rester dans le cliché italien, celui-ci est plutôt en mode super-toscan. Bien plus costaud tout en gardant ce côté enjoué qui est, je pense, la signature de l'okuzgozu. La cerise fait son show de manière un peu plus affirmée en rétro vers la fin de bouche.
La finale est d'une longueur épatante (merci le bois).
Quelques heures d'attente vont le libérer totalement. Le nez s'offre sans consession, il est tonitruant sur un mélange de fruits entre framboises et myrtilles séchées. En bouche, les adjectifs anglais "full-bodied" et "chewy" semblent convenir à la perfection. En effet, c'est assez massif, beaucoup de matière qu'on a presque l'impression de pouvoir croquer. Je crois qu'on est clairement ici sur un vin de "winemaker", de cave et d'élevage plutôt que sur un vin purement de terroir, bien que la qualité du raisin y soit pour quelque chose. Il y a de la place dans mon coeur pour ce genre de vins aussi, tant que le dit winemaker ne sévit pas aux quatre coins de la planète et que son style a une véritable personnalité, ce qui est évidemment le cas avec cet Öküzgözü.
On a ici un potentiel de garde bien plus important, on pourrait probablement se laisser surprenddre en proposant ce 2010 dans 7 à 8 ans. Aux environs de 24 euros, c'est une bien belle affaire malgré tout, il faudra débourser double à triple dans les régions prisées pour un niveau équivalent.
Ma note globale: 92/100
Une multitude de signes extérieurs semblent démontrer un niveau plus élevé sur cette cuvée que l'on pourrait qualifier de parcellaire, en tout cas elle provient d'un seul vignoble alors que les cuvées de base de ces producteurs conséquents sont généralement le résultat d'assemblages de leurs divers sites de production. 12.000 cols sur le marché, bouteille plus massive, bouchon un poil plus long, étiquette travaillée, prix doublé... poudre aux yeux ou réelle implication? La réponse dans le verre!
Le premier nez est très boisé. Et là il y a du vut nouveau, ça ne fait aucun doute. Je capte un soupçon de truffe, et la gamme épicée que j'avais rencontré dans le premier vin est ici plus nette, plus franche. Les fruits noirs sont tapis dans l'ombre, une forte agitation les trahira, mais au contraire du 2012 je suis presque certain qu'ils vont se dérider au fil du temps.
En bouche, je retrouve des sensations similaires avec une acidité avenante, un alcool toujours aussi bien intégré malgré le degré supplémentaire affiché (14%), c'est par contre bien plus tannique. Un beau grain, toutefois. Pour rester dans le cliché italien, celui-ci est plutôt en mode super-toscan. Bien plus costaud tout en gardant ce côté enjoué qui est, je pense, la signature de l'okuzgozu. La cerise fait son show de manière un peu plus affirmée en rétro vers la fin de bouche.
La finale est d'une longueur épatante (merci le bois).
Quelques heures d'attente vont le libérer totalement. Le nez s'offre sans consession, il est tonitruant sur un mélange de fruits entre framboises et myrtilles séchées. En bouche, les adjectifs anglais "full-bodied" et "chewy" semblent convenir à la perfection. En effet, c'est assez massif, beaucoup de matière qu'on a presque l'impression de pouvoir croquer. Je crois qu'on est clairement ici sur un vin de "winemaker", de cave et d'élevage plutôt que sur un vin purement de terroir, bien que la qualité du raisin y soit pour quelque chose. Il y a de la place dans mon coeur pour ce genre de vins aussi, tant que le dit winemaker ne sévit pas aux quatre coins de la planète et que son style a une véritable personnalité, ce qui est évidemment le cas avec cet Öküzgözü.
On a ici un potentiel de garde bien plus important, on pourrait probablement se laisser surprenddre en proposant ce 2010 dans 7 à 8 ans. Aux environs de 24 euros, c'est une bien belle affaire malgré tout, il faudra débourser double à triple dans les régions prisées pour un niveau équivalent.
Ma note globale: 92/100
Charles Cicéron Sauvignon Blanc 2009, domaines Auriol, IGP Pays d'Oc
(Dégustation aux environs du premier juillet)
Un petit blanc pas compliqué pour se raffraîchir en cette période ultra-ensoleillée que nous connaissons en ce début d'été? Cette bouteille a rempli le contrat, mais pas que, parce qu'elle va s'avérer plus complète. Les blancs secs de Gascogne me plaisent mieux en général dans ces circonstances, mais puisqu'il faut sans cesse élargir ses horizons...
Il s'agit d'une cuvée "plaisir" proposée par les domaines Auriol, une sorte de regroupement de domaines familiaux basés dans le Languedoc et le Rhône Méridional. Production, négoce, c'est un ensemble dynamique qui pèse aisément pour 10 millions de cols par an, avec une forte tendance à l'export, ce qui devrait vous faciliter la vie pour trouver cette référence contrairement à certaines micro-cuvées que je vous ai présenté ici. La propriété qui nous occupe plus particulièrement aujourd'hui, c'est le château Cicéron.
Ce qui m'a plu au-delà du vin en lui-même, c'est la relative transparence sur l'élaboration de ce mono-cépage en Pays d'Oc. Site web clair et précis, qui indique notamment que les rendements sont de l'ordre de 70 hl/ha tout de même ou qu'un ajout de levures peut avoir lieu pour faciliter l'extraction des composants aromatiques lors de la vinification. Pas d'élevage sous bois non plus pour cette gamme de vins "plaisir". Les propriétaires conseillent également de boire ce vin dans l'année qui suit la mise en bouteille. Ce serait trop simple, cependant... Voyons plutôt si cette quille en a encore dans le ventre après six ans!
La réponse est un franc oui, merci probablement à la capsule à vis. On a toujours une pointe d'agrumes au premier nez, mais à l'agitation je retrouve surtout des fruits plus exotiques et tropicaux, la mangue notamment, ainsi que de fugaces notes minérales type pierre chauffée au soleil. Pas spécialement de bourgeon de cassis ou de notes végétales comme on pourrait s'attendre à en trouver dans les sauvignons de Loire, par exemple. La bouche offre un très léger perlant, ce qui compense une acidité un poil faible, un joli gras en milieu de bouche et la finale est de longueur correcte, avec toutefois quelque chose qui me perturbe autour de l'alcool, non que ce soit un vin costaud, que du contraire, mais l'impression qu'il a tout de même un peu de mal à se fondre dans le décor, ce qui, si on est un brin maniaque, gâche quelque peu l'harmonie finale. C'est toutefois loin d'être un vin dilué, et sa tenue en bouteille dans le temps m'a agréablement surpris, c'est ce qui m'a amené à vous en parler. Sans en faire des tonnes, ce jus se laisse boire tranquillement pour lui-même en terrasse, sans pousser à la grimace, ne boudons pas ces petits plaisirs de la vie! Aux alentours de 5 euros, c'est raisonnable, et un millésime plus récent devrait proposer une pointe de fraîcheur supplémentaire.
Pour terminer, quelques mots sur le fond de la bouteille deux jours plus tard après avoir été revissée et mise au fridge: Le perlant est affaire du passé, le nez est plus timide mais sans trace d'oxydation, une bonne part du fruit s'en est allé, seul le citron fait de la résistance, laissant plus de place aux accents minéraux, la finale est plus saline. Peut-être moins de plaisir immédiat, mais je le trouve plus épuré, je me sens plus en phase avec le cépage, il a toujours une tenue qui me surprend, il accompagnerait mieux les crustacés en l'état que sous sa forme initiale. La capsule à vis marque encore des points en ce qui me concerne.
Ma note globale: 83/100
Un petit blanc pas compliqué pour se raffraîchir en cette période ultra-ensoleillée que nous connaissons en ce début d'été? Cette bouteille a rempli le contrat, mais pas que, parce qu'elle va s'avérer plus complète. Les blancs secs de Gascogne me plaisent mieux en général dans ces circonstances, mais puisqu'il faut sans cesse élargir ses horizons...
Il s'agit d'une cuvée "plaisir" proposée par les domaines Auriol, une sorte de regroupement de domaines familiaux basés dans le Languedoc et le Rhône Méridional. Production, négoce, c'est un ensemble dynamique qui pèse aisément pour 10 millions de cols par an, avec une forte tendance à l'export, ce qui devrait vous faciliter la vie pour trouver cette référence contrairement à certaines micro-cuvées que je vous ai présenté ici. La propriété qui nous occupe plus particulièrement aujourd'hui, c'est le château Cicéron.
Ce qui m'a plu au-delà du vin en lui-même, c'est la relative transparence sur l'élaboration de ce mono-cépage en Pays d'Oc. Site web clair et précis, qui indique notamment que les rendements sont de l'ordre de 70 hl/ha tout de même ou qu'un ajout de levures peut avoir lieu pour faciliter l'extraction des composants aromatiques lors de la vinification. Pas d'élevage sous bois non plus pour cette gamme de vins "plaisir". Les propriétaires conseillent également de boire ce vin dans l'année qui suit la mise en bouteille. Ce serait trop simple, cependant... Voyons plutôt si cette quille en a encore dans le ventre après six ans!
La réponse est un franc oui, merci probablement à la capsule à vis. On a toujours une pointe d'agrumes au premier nez, mais à l'agitation je retrouve surtout des fruits plus exotiques et tropicaux, la mangue notamment, ainsi que de fugaces notes minérales type pierre chauffée au soleil. Pas spécialement de bourgeon de cassis ou de notes végétales comme on pourrait s'attendre à en trouver dans les sauvignons de Loire, par exemple. La bouche offre un très léger perlant, ce qui compense une acidité un poil faible, un joli gras en milieu de bouche et la finale est de longueur correcte, avec toutefois quelque chose qui me perturbe autour de l'alcool, non que ce soit un vin costaud, que du contraire, mais l'impression qu'il a tout de même un peu de mal à se fondre dans le décor, ce qui, si on est un brin maniaque, gâche quelque peu l'harmonie finale. C'est toutefois loin d'être un vin dilué, et sa tenue en bouteille dans le temps m'a agréablement surpris, c'est ce qui m'a amené à vous en parler. Sans en faire des tonnes, ce jus se laisse boire tranquillement pour lui-même en terrasse, sans pousser à la grimace, ne boudons pas ces petits plaisirs de la vie! Aux alentours de 5 euros, c'est raisonnable, et un millésime plus récent devrait proposer une pointe de fraîcheur supplémentaire.
Pour terminer, quelques mots sur le fond de la bouteille deux jours plus tard après avoir été revissée et mise au fridge: Le perlant est affaire du passé, le nez est plus timide mais sans trace d'oxydation, une bonne part du fruit s'en est allé, seul le citron fait de la résistance, laissant plus de place aux accents minéraux, la finale est plus saline. Peut-être moins de plaisir immédiat, mais je le trouve plus épuré, je me sens plus en phase avec le cépage, il a toujours une tenue qui me surprend, il accompagnerait mieux les crustacés en l'état que sous sa forme initiale. La capsule à vis marque encore des points en ce qui me concerne.
Ma note globale: 83/100
Trévallon 2004, rouge, Eloi Dürrbach, VDP des Bouches-du-Rhône
(Dégustation entamée aux alentours du 2 juillet)
Quel amateur de vin un tant soit peu curieux n'a pas, sinon goûté, au moins entendu parler de Trévallon? Des vins qui ont forcé le respect et l'admiration de tous sans succomber aux sirènes d'une appellation d'origine contrôlée. Je n'ai pas besoin de présenter ce temple du cabernet sauvignon en Provence, surtout que le site officiel en est un merveilleux porte-parole. J'y ai enfin goûté, et c'est le millésime 2004 que je me suis offert. A l'ouverture, le vin est d'une extrême jeunesse encore, épatant. L'élevage a eu le temps de se fondre sans doute, mais il est très peu perceptible. Au nez, on a cette complexité qui s'offre sans se cacher que j'aime tant dans les vins des Baux de Provence. Beaucoup d'épices, un peu de végétal, de mine de crayon, une pointe de fruits sauvages également, encore fort discrète à ce stade. Les notes florales sont par contre très évidentes, à dominante suave mais je ne peux pas placer un mot dessus. C'est sophistiqué, sans être exubérant, j'aime beaucoup. En bouche, la première chose qui m'interpelle c'est cette acidité vive et soutenue, que j'ai rarement rencontré dans ces contrées. Elle soutient le vin de manière dynamique mais sans agressivité. Ensuite arrivent des tanins qui sont plutôt fins, mais encore assez serrés à ce stade, ce qui rend le jus un poil astringeant lorsqu'il est bu seul. Et cela après une dizaine d'années, rendez-vous compte. Ce n'est pas une légende, ce rouge est un chef de file en terme de vin de garde. L'alcool est quant à lui merveilleusement intégré, je n'y ai quasi jamais pensé tout au long de la dégustation.
Le lendemain, non seulement le nectar n'a rien perdu, mais il est bien meilleur! Les fruits noirs sauvages sont maintenant plus dominants ce qui renforce le cocktail olfactif, les épices dévoilent davantage de muscade ce qui n'est pas courant, et les tanins se sont déliés, pour donner une bouche fluide et veloutée. La finale est d'une beauté renversante, très persistante au cours de laquelle les différents arômes se croisent. Même si c'est 50% syrah, 50% Cabernet Sauvignon, j'ai plutôt l'impression que le second prend les commandes, la Syrah jouant le rôle d'accompagnateur en retrait. C'est un très beau vin, travaillé de main de maître, qui vaut son pesant de cacahuètes. Et il faudra en aligner quelques-unes tout de même, ces flacons pouvant atteindre 40, 45 euros, ils ont tendance à prendre de la valeur avec l'âge, donc si vous avez une très bonne cave et que vous vous sentez l'âme d'un investisseur, ne négligez pas cette merveille, en sachant que vous en tirerez bien plus de plaisir en le sirotant. Ce 2004 devrait se livrer totalement d'ici 5 à 6 ans probablement. En tout cas, la flamme n'est pas prête de s'éteindre. J'ai passé un très bon moment, et je pense que mon bonheur aurait été complet si j'avais ressenti un peu plus de tonus, d'énergie en bouche. Cette bouteille, en tout cas sur ce millésime, joue davantage la carte de la finesse, et il en faut!
Ma note globale: 93/100
Quel amateur de vin un tant soit peu curieux n'a pas, sinon goûté, au moins entendu parler de Trévallon? Des vins qui ont forcé le respect et l'admiration de tous sans succomber aux sirènes d'une appellation d'origine contrôlée. Je n'ai pas besoin de présenter ce temple du cabernet sauvignon en Provence, surtout que le site officiel en est un merveilleux porte-parole. J'y ai enfin goûté, et c'est le millésime 2004 que je me suis offert. A l'ouverture, le vin est d'une extrême jeunesse encore, épatant. L'élevage a eu le temps de se fondre sans doute, mais il est très peu perceptible. Au nez, on a cette complexité qui s'offre sans se cacher que j'aime tant dans les vins des Baux de Provence. Beaucoup d'épices, un peu de végétal, de mine de crayon, une pointe de fruits sauvages également, encore fort discrète à ce stade. Les notes florales sont par contre très évidentes, à dominante suave mais je ne peux pas placer un mot dessus. C'est sophistiqué, sans être exubérant, j'aime beaucoup. En bouche, la première chose qui m'interpelle c'est cette acidité vive et soutenue, que j'ai rarement rencontré dans ces contrées. Elle soutient le vin de manière dynamique mais sans agressivité. Ensuite arrivent des tanins qui sont plutôt fins, mais encore assez serrés à ce stade, ce qui rend le jus un poil astringeant lorsqu'il est bu seul. Et cela après une dizaine d'années, rendez-vous compte. Ce n'est pas une légende, ce rouge est un chef de file en terme de vin de garde. L'alcool est quant à lui merveilleusement intégré, je n'y ai quasi jamais pensé tout au long de la dégustation.
Le lendemain, non seulement le nectar n'a rien perdu, mais il est bien meilleur! Les fruits noirs sauvages sont maintenant plus dominants ce qui renforce le cocktail olfactif, les épices dévoilent davantage de muscade ce qui n'est pas courant, et les tanins se sont déliés, pour donner une bouche fluide et veloutée. La finale est d'une beauté renversante, très persistante au cours de laquelle les différents arômes se croisent. Même si c'est 50% syrah, 50% Cabernet Sauvignon, j'ai plutôt l'impression que le second prend les commandes, la Syrah jouant le rôle d'accompagnateur en retrait. C'est un très beau vin, travaillé de main de maître, qui vaut son pesant de cacahuètes. Et il faudra en aligner quelques-unes tout de même, ces flacons pouvant atteindre 40, 45 euros, ils ont tendance à prendre de la valeur avec l'âge, donc si vous avez une très bonne cave et que vous vous sentez l'âme d'un investisseur, ne négligez pas cette merveille, en sachant que vous en tirerez bien plus de plaisir en le sirotant. Ce 2004 devrait se livrer totalement d'ici 5 à 6 ans probablement. En tout cas, la flamme n'est pas prête de s'éteindre. J'ai passé un très bon moment, et je pense que mon bonheur aurait été complet si j'avais ressenti un peu plus de tonus, d'énergie en bouche. Cette bouteille, en tout cas sur ce millésime, joue davantage la carte de la finesse, et il en faut!
Ma note globale: 93/100
lundi 10 août 2015
Résurrection!
Non, je ne vous ai pas oubliés... loin de là! Mais voilà une éternité que j'étais dans l'impossibilité de poster mes articles. Tout d'abord parce que je suis parti vadrouiller en Italie, en Toscane et dans la Valtellina. J'ai évidemment visité des domaines là-bas et ramené quelques bouteilles que je vous présenterai ici. Au retour de ce magnifique voyage, mon afficheur braille a rendu l'âme, et sa réparation a pris un temps infini. Je viens à peine de le récupérer la semaine dernière. Le temps de remettre un peu d'ordres dans mes notes, et je reposterai au fur et à mesure mes impression sur les vins dégustés ces derniers mois. Désolé pour cette interruption, je vous donne rendez-vous mercredi, nous parlerons un peu de Trévalon histoire de marquer le coup pour la reprise.
lundi 23 mars 2015
Chateau Canon 1994, rouge, 1er GCC Saint-Émilion, Bordeaux
Alors que la grande comédie des primeurs 2014 à Bordeaux vient de débuter, je vous propose un petit saut dans le temps avec ce Château Canon 1994, l'un des derniers millésimes produit sous l'aire de la famille Fournier avant la reprise de ce domaine par la maison Chanel.
Un peu d'argile, de terre mouillée. Un peu de poivron. Des bouts de mine de
crayon. Une botte de percil? Beaucoup de tabac. Une impression fruitée
(fraise). Des effluves boisés par intermitence. C'est une belle palette parfumée qui se présente aussi bien au
nez qu'en rétro-olfaction. Ni timide ni exubérante, elle se livre sans
détours et à volume idéal. En bouche, c'est assez impressionant. L'attaque
est vive, trame acide et énergique que des tanins nombreux mais très fins
viennent soutenir. L'alcool est bien présent en sachant qu'il réchauffe la
gorge au finish, mais cela ne perturbe en rien l'équilibre de ce vin, au
contraire. C'est évolué, mais puissant. Finale très longue au creu d'une
boîte à cigares. Les gorgées s'enchainent irrésistiblement. Un régal. Je
perçois une grande concentration encore aujourd'hui, je me demande bien
comment ça ressortait dans les premières années. Etait-ce une bombe
fruitée? Ou était-ce too much et boisé? Je ne peux que me concentrer sur le
présent, et c'est déjà merveilleux d'avoir cette chance!
Il est temps, sinon urgent de le boire, me semble-t-il. Le seul verre que je me suis gardé pour le lendemain était moins enchanteur.
Ma note globale: 89/100
Un peu d'argile, de terre mouillée. Un peu de poivron. Des bouts de mine de
crayon. Une botte de percil? Beaucoup de tabac. Une impression fruitée
(fraise). Des effluves boisés par intermitence. C'est une belle palette parfumée qui se présente aussi bien au
nez qu'en rétro-olfaction. Ni timide ni exubérante, elle se livre sans
détours et à volume idéal. En bouche, c'est assez impressionant. L'attaque
est vive, trame acide et énergique que des tanins nombreux mais très fins
viennent soutenir. L'alcool est bien présent en sachant qu'il réchauffe la
gorge au finish, mais cela ne perturbe en rien l'équilibre de ce vin, au
contraire. C'est évolué, mais puissant. Finale très longue au creu d'une
boîte à cigares. Les gorgées s'enchainent irrésistiblement. Un régal. Je
perçois une grande concentration encore aujourd'hui, je me demande bien
comment ça ressortait dans les premières années. Etait-ce une bombe
fruitée? Ou était-ce too much et boisé? Je ne peux que me concentrer sur le
présent, et c'est déjà merveilleux d'avoir cette chance!
Il est temps, sinon urgent de le boire, me semble-t-il. Le seul verre que je me suis gardé pour le lendemain était moins enchanteur.
Ma note globale: 89/100
mardi 17 mars 2015
Kayra Öküzgözü 2012, rouge, Daniel O'Donnell, Turquie
La Turquie, encore et toujours. Après m'être vautré avec volupté dans le Narince, je vous invite à plonger au coeur de quelques vins rouges à base de cépages "maison". Retournons d'abord dans les chais de Kayra, pour comparer deux vins à base d'Öküzgözü. Si le premier est le résultat d'un assemblage de diverses parcelles, le second provient d'un seul vignoble, le prix allant du simple au double. C'est parti, débouchons le Kayra Öküzgözü 2012!
Au top départ, le vin se révèle assez timoré. Au nez, vanille et caramel se présentent, signe d'un élevage un poil trop appuyé mais pas dans des fûts neufs, à mon avis, et peut-être pas français, non plus (la fiche technique sur le site du domaine n'est pas claire à ce sujet: 10% de fûts neufs, pendant 10 mois, oui mais le reste?). Donc ça donne une aromatique de faible intensité dans laquelle je cherche un peu en vain l'apport de la matière et du cépage. En bouche, c'est plus réjouissant, un peu de fruit rouge daigne se pointer en rétro-olfaction, on a une belle acidité, un alcool faible (13% très bien gérés) et des tanins plutôt bien fondus, ce qui donne un ensemble léger et gouleyant. La finale est d'une assez bonne longueur, toujours sur le duo caramel/vanille. Si la gamme d'arômes se livre davantage après quelques heures de repos, on aura un joli vin. Sinon... bref, y'a plus qu'à patienter!
Pas d'améliorations significatives à mes narines après 6 heures, quelques ajustements tout au plus. La vanille s'efface un peu au profit d'une ou deux petites cerises. La bouche, par contre, a encore gagné en volume et en profondeur et offre un touché enthousiasmant. La trame acide porte agréablement le vin qui révèle bien plus de caractère qu'au départ. Puisque je manque de repère avec ce cépage, j'aurais tendance à comparer cette structure tonique à un Chianti Classico bien né. En rétro, je perçois des épices et une sorte de côté floral du style violette, mais ce n'est pas exactement ça, je n'ai pas d'autre terme qui me vient à l'esprit. Et à part cette pointe de cerise, pas d'autres fruits à signaler non plus. Si la structure m'oriente vers la Toscane, l'aromatique épicée fait plutôt référence à des crus Languedociens tels Saint-Chinian. En l'état, ça reste très agréable à boire, c'est salivant, sapide devrais-je dire, la vivacité de ce vin devrait faire écho sur une belle viande un peu persillée. Pour la complexité des parfums, gageons que l'Öküzgözü suivant répondra à l'appel, la démarche étant un peu plus poussée. Satisfaisant pour un vin avoisinant les 12 euros!
Ma note globale: 85/100
Au top départ, le vin se révèle assez timoré. Au nez, vanille et caramel se présentent, signe d'un élevage un poil trop appuyé mais pas dans des fûts neufs, à mon avis, et peut-être pas français, non plus (la fiche technique sur le site du domaine n'est pas claire à ce sujet: 10% de fûts neufs, pendant 10 mois, oui mais le reste?). Donc ça donne une aromatique de faible intensité dans laquelle je cherche un peu en vain l'apport de la matière et du cépage. En bouche, c'est plus réjouissant, un peu de fruit rouge daigne se pointer en rétro-olfaction, on a une belle acidité, un alcool faible (13% très bien gérés) et des tanins plutôt bien fondus, ce qui donne un ensemble léger et gouleyant. La finale est d'une assez bonne longueur, toujours sur le duo caramel/vanille. Si la gamme d'arômes se livre davantage après quelques heures de repos, on aura un joli vin. Sinon... bref, y'a plus qu'à patienter!
Pas d'améliorations significatives à mes narines après 6 heures, quelques ajustements tout au plus. La vanille s'efface un peu au profit d'une ou deux petites cerises. La bouche, par contre, a encore gagné en volume et en profondeur et offre un touché enthousiasmant. La trame acide porte agréablement le vin qui révèle bien plus de caractère qu'au départ. Puisque je manque de repère avec ce cépage, j'aurais tendance à comparer cette structure tonique à un Chianti Classico bien né. En rétro, je perçois des épices et une sorte de côté floral du style violette, mais ce n'est pas exactement ça, je n'ai pas d'autre terme qui me vient à l'esprit. Et à part cette pointe de cerise, pas d'autres fruits à signaler non plus. Si la structure m'oriente vers la Toscane, l'aromatique épicée fait plutôt référence à des crus Languedociens tels Saint-Chinian. En l'état, ça reste très agréable à boire, c'est salivant, sapide devrais-je dire, la vivacité de ce vin devrait faire écho sur une belle viande un peu persillée. Pour la complexité des parfums, gageons que l'Öküzgözü suivant répondra à l'appel, la démarche étant un peu plus poussée. Satisfaisant pour un vin avoisinant les 12 euros!
Ma note globale: 85/100
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